Amphibologies

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Yeva Agetuya
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Amphibologies

Message par Yeva Agetuya » dim. 12 juil. 2015, 1:30

Il aimait son fils, ce héros.

Qui est le héros ? Le père ou le fils ?

Je trouve ce livre immoral, comme Voltaire.

Voltaire est-il immoral ou a-t-il la même opinion que moi sur ce livre ?

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » dim. 12 juil. 2015, 11:29

Merci, Yeva Agetuya, de rappeler ce qu'est une amphibologie, je l'avais oublié.
Des phrases du genre de celles que vous proposez se trouvent aussi chez les plus grands auteurs. Généralement le contexte aide à la compréhension. Mais parfois on est bien embarrassé. Quoi qu'il en soit, grand auteur ou pas, ne doit-on pas précisément avoir le souci d'éviter de mettre son lecteur dans l'embarras ?
Dans Il aimait son fils, ce héros, soucieux que je suis (en tout cas c'est ainsi que je me juge !) prioritairement de la grammaire, je vois davantage dans ce héros une apposition à son fils.
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

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Message par Yeva Agetuya » dim. 12 juil. 2015, 12:31

Êtes-vous sûr que ça marche à tous les coups ?

Il l'a frappé, ce type.

"Ce type" est-il sujet ou objet ?

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Islwyn
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Message par Islwyn » dim. 12 juil. 2015, 13:53

Je verrais, dans de telles phrases, le groupe du sujet repris et postposé. L'idée de comprendre, dans ce type, une reprise de l'objet ne me viendrait jamais.
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Message par Jacques-André-Albert » dim. 12 juil. 2015, 16:41

C'est pourtant le cas dans une phrase du genre « il l'a mangé, ce sandwich »
Quand bien nous pourrions estre sçavans du sçavoir d'autruy, au moins sages ne pouvons nous estre que de nostre propre sagesse.
(Montaigne - Essais, I, 24)

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Message par Islwyn » dim. 12 juil. 2015, 16:48

Vous ne voyez pas de différence entre un sujet actif et un objet passif ?
Mais vous avez raison, le contexte est primordial.
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André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » dim. 12 juil. 2015, 21:36

Yeva Agetuya a écrit :Êtes-vous sûr que ça marche à tous les coups ?
Je n'ai pas voulu dire que ma manière de considérer la phrase débouchait automatiquement sur ce que son auteur avait souhaité exprimer. J'ai simplement pensé que, ledit auteur n'ayant pas suffisamment le souci d'être compris par son lecteur, il me paraissait normal que ce dernier aille chercher du sens dans ce qui lui semble alors le plus susceptible de fournir une intelligibilité au texte, la grammaire la plus simple.
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

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Message par Yeva Agetuya » jeu. 16 juil. 2015, 12:54

Je tombe sur ceci :

C'est impressionnant de ne pas comprendre une chose aussi simple.

Le contexte fait que l'auteur ne se veut sûrement pas l'incomprenant.

Et, justement, seul le contexte permet de savoir si l'incomprenant est je, tu, il, ou autres.

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Message par Perkele » jeu. 16 juil. 2015, 14:07

Yeva Agetuya a écrit :Êtes-vous sûr que ça marche à tous les coups ?

Il l'a frappé, ce type.

"Ce type" est-il sujet ou objet ?
C'est la virgule qui fait la différence.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Yeva Agetuya » jeu. 16 juil. 2015, 14:13

Sans virgule, la phrase devient incorrecte avec le pronom l' en trop.

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Message par Perkele » jeu. 16 juil. 2015, 14:15

Yeva Agetuya a écrit :Sans virgule, la phrase devient incorrecte avec le pronom l' en trop.
Effectivement
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Yeva Agetuya » jeu. 16 juil. 2015, 14:56

  • Tous les garçons et les filles de mon âge
    Se promènent dans la rue deux par deux.

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Message par André (G., R.) » sam. 18 juil. 2015, 11:40

Yeva Agetuya a écrit :C'est impressionnant de ne pas comprendre une chose aussi simple.

Le contexte fait que l'auteur ne se veut sûrement pas l'incomprenant.

Et, justement, seul le contexte permet de savoir si l'incomprenant est je, tu, il, ou autres.
Je ne peux vous suivre totalement : vous ne fournissez pas le contexte de cette phrase, pourtant j'ai spontanément exclu que son auteur soit concerné par la non compréhension de la chose simple, j'ai immédiatement imaginé qu'il était « impressionné » par l'inaptitude intellectuelle de quelqu'un d'autre. Comment la personne incapable de « comprendre une chose aussi simple » pourrait-elle être apte à exprimer l'étonnement que peut susciter la faiblesse de sa propre compréhension ?

Souhaitez-vous qu'on cherche une amphibologie dans « Tous les garçons et les filles de mon âge / Se promènent dans la rue deux par deux » ?
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

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Message par Yeva Agetuya » sam. 18 juil. 2015, 12:45

André (G., R.) a écrit :Comment la personne incapable de « comprendre une chose aussi simple » pourrait-elle être apte à exprimer l'étonnement que peut susciter la faiblesse de sa propre compréhension ?
Efectivement.
Souhaitez-vous qu'on cherche une amphibologie dans « Tous les garçons et les filles de mon âge / Se promènent dans la rue deux par deux » ?
Bien sûr. Ne la percevez-vous pas ?

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Message par Islwyn » sam. 18 juil. 2015, 13:42

« Tous les garçons et les filles de mon âge / Se promènent dans la rue deux par deux ».
Voit-on ici la possibilité que, d'un côté, les garçons se promènent deux par deux, et de l'autre, les couples de filles font de même ?
Improbable à l'époque de la chanson, mais quotidienne de nos jours...
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