Inversion du sujet dans la forme interrogative ?

André (G., R.)
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Re:

Message par André (G., R.) » mar. 10 mars 2020, 10:21

Jacques-André-Albert a écrit :
jeu. 15 sept. 2016, 11:49
Tout à fait. La seule forme admissible est « quel élève le maître regarde-t-il ? »
Le français contemporain utilise malheureusement de moins en moins cette forme. Mais je ne sais plus sur quel autre fil je m'étais montré tolérant à l'égard de tournures comme « Pourquoi elle vient ? », en constatant qu'après tout, « pourquoi » suffisait pour la perception de la valeur interrogative.*
Je lis dans mon journal, à propos d'animaux qui ont péri récemment dans les flammes : Australie : « Pour qui sonne le glas ? ». L'auteur de ce titre montre, par l'utilisation du point d'interrogation, son incompréhension du titre d'HEMINGWAY, qui vaut, je crois « Ceux pour qui le glas sonne ». Je n'ai jamais imaginé que l''original anglais, que je viens de découvrir, fût interrogatif : For Whom the Bell Tolls**. Sachant, grâce à la chanson de Noël, que bell signifie cloche, j'imagine que l'on demanderait For whom tolls the bell ?
L'ordre des mots dans « Pourquoi vient-elle ? » et la formulation « Quel élève le maître regarde-t-il ? » ont leur raison d'être !

* Votre phrase, Jacques-André-Albert, n'était pas strictement comparable à la forme correcte traditionnelle « Pourquoi vient-elle ? », en ce sens que vous cherchiez, en la proposant, à pallier l'amphibologie éventuelle contenue dans « Quel élève regarde le maître ? ». Mon propos concerne une autre ambiguïté.
** Je ne sais pas si l'anglais nécessite toutes ces majuscules. Mais je ne trouve que cette graphie.

Leclerc92
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Re: Re:

Message par Leclerc92 » mar. 10 mars 2020, 11:38

André (G., R.) a écrit :
mar. 10 mars 2020, 10:21
j'imagine que l'on demanderait For whom tolls the bell ?
Non, mais "For whom does the bell toll?", ou dans une syntaxe plus moderne "Who does the bell toll for?".

J'apprends sur la Toile que le titre du roman d'Hemingway est tiré d'un très vieux texte anglais :
No man is an Iland, intire of itselfe; every man is a peece of the Continent, a part of the maine; if a Clod bee washed away by the Sea, Europe is the lesse, as well as if a Promontorie were, as well as if a Manor of thy friends or of thine owne were; any mans death diminishes me, because I am involved in Mankinde; And therefore never send to know for whom the bell tolls; It tolls for thee.
John Donne (1572-1631), MEDITATION XVII, Devotions upon Emergent Occasions (1624).
http://terredecompassion.com/2018/06/17 ... ohn-donne/

Plusieurs traductions sont possibles, comme celle-ci :
« Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne ».
http://agora.qc.ca/thematiques/mort/doc ... st_une_ile

Puisqu'il s'agit d'envoyer demander pour qui sonne le glas, il n'y a pas de trahison à formuler la question en style direct "Pour qui sonne le glas ?". Si c'est un péché, il est bien véniel, me semble-t-il.

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