Locutions et expressions proposées et commentaires éventuels

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » dim. 15 déc. 2013, 13:46

Les quelques expressions qui suivent ont-elles leur place ici ? Il se peut qu'elles aient déjà été évoquées.

bâtir des châteaux en Espagne,
travailler pour le roi de Prusse,
à bras raccourcis,
la cinquième roue du carrosse,
sans coup férir,
reprendre du poil de la bête,
bayer aux corneilles,
à tire-larigot,
casser sa pipe,
pour des prunes.

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Jacques
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Message par Jacques » dim. 15 déc. 2013, 13:52

Oui bien sûr, elles ont leur place sur le forum.
Je ne me rappelle pas que nous les ayons évoquées. J'ai des sources pour les commenter. J'examinerai cela demain lundi.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Jacques
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Message par Jacques » lun. 16 déc. 2013, 8:29

J’ouvre le ban avec à tire-larigot, à l’origine associé à « boire », étendu depuis à toute action qui se répète avec abondance ou excès. J’espère ainsi susciter d’autres bonnes volontés.
Plusieurs hypothèses ont été avancées :
– Du grec laruggos, « gosier, larynx » ; boire à tire-larigaud, s’arroser abondamment le gosier en avalant à grands traits et en grande quantité des breuvages alcooliques. Le rapport étymologique et chronologique n’est pas établi.
– Référence au chanoine Rigaud, archevêque de Rouen, qui avait fait don à la cathédrale d’une fort grosse cloche, baptisée en son honneur la Rigaud, ainsi que d’une plantation de vigne devant fournir le vin à ceux qui tireraient ladite cloche (1282) ; d’où boire à tire la Rigaud, « boire comme un sonneur de cloches ».
– Le larigot était une petite flûte, et l’on appelait tire-larigot les gens qui jouaient de cet instrument. Boire à tire larigot, c’était donc se conduire comme les joueurs de flûte, qui avaient une réputation de grands buveurs, et cela déjà dans l’Antiquité romaine. Cette théorie est retenue comme la plus plausible par la plupart des auteurs d’ouvrages didactiques sur la langue française.
– Née dès la fin du XVe siècle de l’association du verbe tirer (sortir un liquide de son contenant), et du nom « larigot », sorte de petite flûte, cette expression était à l’époque principalement associée au verbe boire. Boire à tire larigot était donc pour les buveurs une incitation à faire sortir le vin des bouteilles comme on faisait sortir le son de l’instrument.
– Une version indique que cette expression vient de l’image du joueur de flûte assis, qui ressemble à une personne en train de boire. Une autre fait le lien entre le bruit fait par l’alcool tiré de son contenant et le son d’une flûte.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » lun. 16 déc. 2013, 10:40

Jacques a écrit :J’ouvre le ban... J’espère ainsi susciter d’autres bonnes volontés.
Bien sûr, chacun peut se documenter de son côté sur ces expressions. Je me suis questionné sur le but exact de cette rubrique, que j'ai plutôt considérée, en y apportant ma contribution, comme destinée à recueillir ce qui passe par la tête des membres du forum dans le domaine des (vieilles ?) tournures pittoresques de notre langue : les réactions à celles que j'ai proposées sont les bienvenues, mais je ne serais pas vexé si elles ne provoquaient aucun commentaire !
Quoi qu'il en soit, merci à vous, Jacques, pour vos explications très complètes sur "à tire-larigot" : en patois sarthois j'entendais et disais jadis "à tore-larigot", allez savoir pourquoi. J'ai constaté par ailleurs qu'est acceptée depuis 1990 la graphie à tirelarigot.
Un site Internet (secouchermoinsbete.fr) explique que « l'expression "pour des prunes", qui signifie pour rien ou presque rien, a pour origine l'échec de la seconde croisade. La ville de Damas en Syrie, réputée pour ses prunes violettes, fut assiégée par les croisés au XIIème siècle mais résista. Les croisés rentrèrent avec comme unique butin des pieds de pruniers et la population leur reprocha donc d'être allé (sic) là bas (sic) pour des prunes. » Mais il semblerait que cette version de l'origine de l'expression soit contestée.

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Jacques
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Message par Jacques » lun. 16 déc. 2013, 10:59

Je ne suis pas spécialiste, mais cela paraît improbable. La prune a été longtemps synonyme de chose de peu de valeur. Il existait en moyen français une expression « ne pas valoir une prune », c'est-à-dire ne pas valoir grand-chose, ne valoir presque rien. À rapprocher des expressions Des nèfles ! Des clous ! et probablement aussi pour des clopinettes, toutes choses considérées comme négligeables.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Manni-Gédéon
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Message par Manni-Gédéon » sam. 28 déc. 2013, 17:28

Pha a écrit :
Claude a écrit :j'avais également envisagé de proposer la même chose pour les mots féminins applicables aux hommes.
comme sentinelle, estafette, andouille, fripouille, ordonnance, vedette, éminence, sommité, recrue, victime, personne, vigie...

je pense qu'il m'en manque, surtout du coté de l'argot ou des insultes.
canaille, crapule, ordure, célébrité...
L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.
Gandhi, La Jeune Inde

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Jacques
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Message par Jacques » sam. 28 déc. 2013, 17:32

Manni-Gédéon a écrit :
Pha a écrit :
Claude a écrit :j'avais également envisagé de proposer la même chose pour les mots féminins applicables aux hommes.
comme sentinelle, estafette, andouille, fripouille, ordonnance, vedette, éminence, sommité, recrue, victime, personne, vigie...

je pense qu'il m'en manque, surtout du coté de l'argot ou des insultes.
canaille, crapule, ordure, célébrité...
Les deux derniers s'appliquent aux deux sexes. Canaille et crapule sont effectivement donnés par André Jouette comme s'appliquant uniquement à des hommes.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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