Le langage argotique

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Jacques-André-Albert
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Message par Jacques-André-Albert » dim. 13 févr. 2011, 21:33

Klausinski a écrit :EDIT. Je viens de chercher la signification des mots limace et grimpant dans un dictionnaire d’argot. Ils signifient respectivement chemise et pantalon.
Vous ne connaissiez pas ? L'argot se perd...

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Jacques
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Message par Jacques » dim. 13 févr. 2011, 21:42

Klausinski a écrit :J’aurais dû mettre « parisiano-ardennais » entre guillemets. L’expression est de Verlaine. C’est ici qu’il faut se rendre pour mieux comprendre ce dont je parlais.

EDIT. Je viens de chercher la signification des mots limace et grimpant dans un dictionnaire d’argot. Ils signifient respectivement chemise et pantalon.
Vous ignoriez ces mots ? Ils sont en argot d'usage courant. Un grimpant, c'est aussi un futal. Je pense que limace est un dérivé de liquette.
N.B. : je m'aperçois après coup que JAA réagit comme moi.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Message par Jacques-André-Albert » dim. 13 févr. 2011, 21:50

Ayant vécu mon enfance à vingt kilomètres de Paris (c'est dire si je n'entendais pas parler argot) j'ai appris beaucoup de mots par mon père, qui venait pourtant tout droit du Nord. Mais l'argot parisien a atteint la province depuis l'institution du service militaire obligatoire.

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Message par Jacques » lun. 14 févr. 2011, 7:53

Je crois que l'argot, comme l'accent de Paris (pas l'accent gavroche, l'autre plus cultivé), gagne l'ensemble du territoire français.
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Message par Perkele » lun. 14 févr. 2011, 7:56

Je l'ai appris par ma tante que mon oncle avait ramené de Paname. Une thune valait alors exclusivement 5 F, vous savez, la grosse pièce toute légère.
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Message par Jacques » lun. 14 févr. 2011, 8:36

Perkele a écrit :Je l'ai appris par ma tante que mon oncle avait ramenée de Paname. Une thune valait alors exclusivement 5 F, vous savez, la grosse pièce toute légère.
Cela c'était l'argot courant, léger. En grand et véritable argot la pièce de 5 francs étaut un tunard ou thunard. Et votre tante ne vous a peut-être pas enseigné ce qu'était un larantequé : une pièce de 40 sous, soit deux francs.
La brique (un million) a disparu après l'avènement des nouveaux francs ; on ne savait plus si elle représentait 10 000 nouveaux francs ou un million de ces nouveaux francs. Le fafiot mâle ou grand faf, billet de 1 000 F, fafiot femelle billet de 500.
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Message par Perkele » lun. 14 févr. 2011, 9:06

Si, si; elle parlait de sac, de cigue et de pince aussi (je ne suis pas sûre de l'orthographe). Elle m'appelait la môme, me disait : t'es bath !" et m'a appris à siffler dans mes doigts (j'ai eu ainsi une éducation assez complète). :D
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Message par Jacques » lun. 14 févr. 2011, 9:44

Oui, alors elle était de chez nous (je veux dire nous, la famille des titis parisiens). Notez que le sac (billet de 1 000 F) est devenu un lacsé en largonji.
De nos jours l'anglo-américain a remplacé l'argot.
Dernière modification par Jacques le lun. 14 févr. 2011, 11:59, modifié 1 fois.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

embatérienne

Message par embatérienne » lun. 14 févr. 2011, 11:16

Jacques-André-Albert a écrit :
Klausinski a écrit :EDIT. Je viens de chercher la signification des mots limace et grimpant dans un dictionnaire d’argot. Ils signifient respectivement chemise et pantalon.
Vous ne connaissiez pas ? L'argot se perd...
Eh bien j'avoue en rougissant que moi non plus, du moins pour "limace". J'ai peut-être entendu une fois ou deux "grimpant" il y a fort longtemps. Pourtant je suis née et j'ai toujours vécu à Paris. L'argot se démode plus vite que les autres "langues" ; de ceux qui comprennent ou ne comprennent pas ces mots, on doit pouvoir sans grand risque tirer quelques conclusions relatives à l'âge, au sexe et au milieu géographique et social !

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Message par Jacques » lun. 14 févr. 2011, 11:53

Nous sommes tous deux des Parisiens (d'adoption pour moi), mais il y a Paris et Paris : le 16e et le 20e par exemple (vous parlez à juste titre du milieu). Comme vous dites l'argot se démode vite, mais limace demeure ; je n'ai pas sa date d'introduction ; grimpant remonterait à 1872.
Certains termes, donc, sont éphémères alors que d'autres se prolongent dans le temps.
Je suis assez surpris que l'on qualifie l'argot de langue ; tout le monde le fait, et l'on dit de lui que c'est la langue verte. Selon ma conception, une langue a sa propre grammaire, et l'argot n'en a pas, il se construit sur la grammaire et la syntaxe du français. Ce serait donc plutôt un langage, fait essentiellement de mots et d'expressions. Rappelons qu'à l'origine, c'était un code secret utilisé par les mendiants et les truands pour n'être compris ni de la police (la rousse, les argousins) ni des citoyens ordinaires (les caves). De nos jours, vu sous un angle pittoresque, il est plutôt de type « folklorique ».
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Message par Klausinski » lun. 14 févr. 2011, 12:28

Je rougis également. J’habite pourtant bien en région parisienne mais je n’ai jamais entendu ces deux mots dans leur sens argotique. Le seul argot que j’aie entendu, dans ma jeunesse, si je puis dire, c’est celui de la « zone ». Je crois bien qu’on parlait assez volontiers de futal pour désigner le pantalon et qu’il n’existait pas de mot particulier pour parler de la chemise. Mais cela ne remonte pas à loin.
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Message par Perkele » lun. 14 févr. 2011, 12:33

C'est pourtant un champ lexical riche : le fut, que vous citez, le bénard, le falzard, le fendard, le valseur, le froc...
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Message par Jacques » lun. 14 févr. 2011, 12:38

Klausinski a écrit :Je rougis également. J’habite pourtant bien en région parisienne mais je n’ai jamais entendu ces deux mots dans leur sens argotique. Le seul argot que j’aie entendu, dans ma jeunesse, si je puis dire, c’est celui de la « zone ». Je crois bien qu’on parlait assez volontiers de futal pour désigner le pantalon et qu’il n’existait pas de mot particulier pour parler de la chemise. Mais cela ne remonte pas à loin.
Je viens de m'apercevoir que limace n'est pas issu de liquette mais que c'est le contraire : liquette est un diminutif de limace (1878).
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Message par Perkele » lun. 14 févr. 2011, 12:39

On parle aussi de lime.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Claude » lun. 14 févr. 2011, 13:24

Perkele a écrit :...Une thune valait alors exclusivement 5 F, vous savez, la grosse pièce toute légère.
Mes parents disaient cent sous.
Perkele, toujours elle, a écrit :le fut, que vous citez, le bénard, le falzard, le fendard, le valseur, le froc...
Le bénouze, certainement dérivé de bénard.

Quant à l'argot en général, je n'ai jamais été parisien mais j'ai lu tous les San-Antonio, alors il me reste quelques souvenirs. L'étrangleuse citée par Perkele dans un autre sujet n'est-elle pas la pince de cravate ?

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