Les faux amis du vocabulaire français

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Cyril des Voirons
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Message par Cyril des Voirons »

Je reviens sur le terme antan dont il fut question jadis car je suis dubitatif quant à son emploi.

Dans le TLFi, je trouve la définition suivante :
L'année précédant l'année en cours.

Le premier article défini me semble inadapté s'agissant de la définition d'un substantif.

Mais mon interrogation principale est la suivante : comment écrire, si cela est possible, Il est venu l'année passée. en utilisant le mot antan ?

Je vous remercie par avance pour vos éclaircissements.

Cyril
Desiderius

Message par Desiderius »

On ne peut l'employer aujourd'hui que par préciosité ou recherche. Son emploi naturel ancien est sans article : antan, mais son emploi moderne, comme vous le montre le TLFi, admet l'article l'antan.
Mais si vous souhaitez l'employer, vous devriez troquer votre passé composé "il est venu", bien moderne, pour un temps simple, de préférence le passé simple (il faudrait connaître le contexte exact) :
Il vint antan.
C'est parfaitement grammatical et ... parfaitement incompréhensible pour la majorité de ceux qui l'entendront aujourd'hui.
Cyril des Voirons
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Message par Cyril des Voirons »

Merci Desiderius pour votre réponse.

Antan est considéré comme un substantif par le TLFi. Votre construction me donne l'impression de l'usage d'un adverbe. Elle m'aurait semblé naturelle si antan avait été un adverbe. Pourquoi n'en est-ce pas un ? Quelle est la particularité de ce substantif lui permettant de faire l'économie d'un article ?

Cyril
Desiderius

Message par Desiderius »

Cyril des Voirons a écrit :Antan est considéré comme un substantif par le TLFi. Votre construction me donne l'impression de l'usage d'un adverbe. Elle m'aurait semblé naturelle si antan avait été un adverbe. Pourquoi n'en est-ce pas un ?
Mais c'était précisément un adverbe dans l'ancienne langue, d'où la construction, et cela s'explique bien par son étymologie latine ante annum. Tenez, vous en trouverez quelques jolis exemples dans le dictionnaire de Godefroy :
http://micmap.org/dicfro/chercher/dicti ... froy/antan
qui mentionne bien "adverbe"
Le TLFi (et l'Académie d'ailleurs) indique substantif, probablement pour tenir compte des usages substantivés comme "l'antan". Mais dans son emploi le plus régulier, seul, antan, il est adverbe. D'ailleurs, le DHLF n'indique que "adverbe", comme d'autres dictionnaires (le Hatzfeld et Darmesteter, par exemple), pas de substantif.
Il y a un peu de confusion dans l'air !
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Claude
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Message par Claude »

Moi je connais les neiges d'antan de Brassens. :wink:
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Jacques
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Message par Jacques »

Claude a écrit :Moi je connais les neiges d'antan de Brassens. :wink:
Antan est formé avec le début des mots de l'expression latine ante annum (l'année d'avant, c'est-à-dire l'an dernier). L'Académie traduit il y a un an, l'an passé et, par extension, autrefois. Ce dernier fait référence à un passé indéterminé, mais le sens est parfois rapproché de celui de naguère : il n'y a guère, sous-entendu de temps. Ces rapprochements un peu flous font perdre de vue le sens intrinsèque de l'expression, et permettent de faire allusion à un temps antérieur mais pas trop vieux.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).
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Manni-Gédéon
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Message par Manni-Gédéon »

Piraterie et piratage pourraient-ils entrer dans le lexique des faux amis ?
L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.
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Jacques
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Message par Jacques »

Pour moi cela ne fait aucun doute, mais je ne suis pas le chef de cette rubrique.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).
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Claude
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Message par Claude »

Je suis également d'accord mais j'attends les ordres du chef pour archiver.
Pha
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Message par Pha »

Vous n'agissez pas sans ordre du chef ? Vous ne faites donc pas partie de ceux qui couvrent le chef.

Vous n'êtes pas un couvre chef.

Je vous tire mon chapeau !
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Jacques
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Message par Jacques »

Mais le chef de la rubrique c'est Claude. Il faut qu'il se donne l'ordre à lui-même, seulement sa partie chef est en déplacement. Et devinez où ? ici
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).
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Claude
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Message par Claude »

Je voulais par galanterie laisser Perkele, créatrice du sujet, prendre la décision.
La mise à jour est effectuée, sans passer par St-Michel-Chef-Chef.
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Perkele
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Message par Perkele »

Vous avez ma bénédiction Ô archiviste en chef.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
Cyril des Voirons
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Message par Cyril des Voirons »

Je propose le terme Démultiplier. Il est souvent utilisé à tort comme un simple synonyme d'augmenter.

Je pense également à allopathique injustement utilisé pour désigner la médecine.

Ce mot, inventé par Hahnemann, créateur de l'homéopathie désigne une pratique inverse des préceptes homéopathique, à savoir un système dans lequel on traite les maladies en cherchant à exciter des maladies d'une autre nature que celles qu'on rencontre.

Cette caractéristique ne s'applique pas à la médecine. Celle-ci est aussi souvent affublée par certains d'une autre épithète impropre : traditionnelle

La médecine ainsi désignée, pour sa majeure partie, ne repose pas sur des traditions mais sur la science dont en particulier ses avancées les plus récentes.
Dernière modification par Cyril des Voirons le mer. 12 oct. 2011, 8:21, modifié 1 fois.
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Claude
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Message par Claude »

Alors qu'en mécanique c'est un effet de diminution. L'exemple qui vient à l'esprit est celui de la petite roue dentée entraînant une roue dentée plus grande n'est-ce pas ?

Je répondais sur démultiplier car depuis mon présent message Cyril a édité le sien en rajoutant d'autres éléments.
Dernière modification par Claude le mer. 12 oct. 2011, 9:17, modifié 1 fois.
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