Prononciation de "os" au pluriel

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Jacques-André-Albert
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Message par Jacques-André-Albert » lun. 24 juin 2013, 9:00

Le plus connu est celui de la disparition de la prononciation [wè] dans des mots comme moi ou bois. Le [wa] actuel est apparu dans le parler populaire parisien vers le début du XIVè siècle. La cour a maintenu [wè], bien que beaucoup d'honnêtes gens eussent dit [nwa] (noix), [pwa] (pois), [vwar] (voir) dès la fin du XVIIè siècle, selon le témoignage du grammairien Hindret.
Après la révolution et l'empire, le bouai et le rouai ont définitivement disparu du langage des élites de la société.
Pour d'autres exemples, il faudrait que je retrouve les témoignages que j'avais lus à la bibliothèque de ma ville.
Quand bien nous pourrions estre sçavans du sçavoir d'autruy, au moins sages ne pouvons nous estre que de nostre propre sagesse.
(Montaigne - Essais, I, 24)

Hippocampe
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Message par Hippocampe » lun. 24 juin 2013, 10:29

Merci, JAA, inutile de faire des efforts pour trouver d'autres exemples.

Curieusement, il me semble que quand certains imitent les paysans, ils disent mouai pour moi !

Savez-vous pourquoi existent deux forme du "oui" : oui et ouais ? Cala a-t-il un rapport ?

Saiterio
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Message par Saiterio » ven. 29 mars 2019, 7:42

Bonjour,

J'ai trouvé une explication intéressante, concernant l'origine de la prononciation des mots os, oeufs et boeufs sur le site du gouvernement canadien:
http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=3067

Extrait:

En ancien français, on avait tendance à ne pas prononcer la consonne finale d’un mot lorsqu’elle était suivie du -s du pluriel. Ce phénomène serait à l’origine d’une hésitation, à partir du XVIe siècle, quant à la prononciation des mots bœuf, œuf et os, et ce, même au singulier, l’une ou l’autre des prononciations étant utilisées indifféremment. Ce n’est qu’au XIXe siècle que la distinction entre le singulier et le pluriel s’est fixée comme on la connaît aujourd'hui.

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Yeva Agetuya
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Message par Yeva Agetuya » ven. 29 mars 2019, 10:49

En ancien français, on avait tendance à ne pas prononcer la consonne finale d’un mot lorsqu’elle était suivie du -s du pluriel.
C'est bizarre....

Que cela donne-t-il avec d'autre mots ?

"Jour" ? Qui a jamais prononcé "pendant des jou" ?

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » ven. 29 mars 2019, 13:36

Bienvenue à vous, Saiterio. Si vous pensez poursuivre votre participation aux échanges sur Français notre belle langue, vous pouvez vous présenter, sous le titre ACCUEIL, à la rubrique Présentation des membres.

Il ne me semble pas que j'entende parler pour la première fois de la « tendance de l'ancien français à ne pas prononcer la consonne finale d'un mot lorsqu'elle était suivie du -s final » , ainsi que l'indique votre citation.

Je crois, Yeva Agetuya, qu'il ne s'agissait pas d'une règle absolue : « des jours », dont le r serait omis oralement, pourrait être confondu avec « des joues ».

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Yeva Agetuya
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Message par Yeva Agetuya » ven. 29 mars 2019, 13:57

Cela aurait fait tellement d'exceptions qu'on se demande bien ce qui serait resté de cette "règle"...

Jean-Luc

Message par Jean-Luc » ven. 29 mars 2019, 22:11

De toutes façons, qu'est-ce qui nous empêche prononcer de la même façon le mot bœuf aussi au singulier qu'au pluriel ? "Des bœufs" et "débout" risquent d'être confondus avec la prononciation actuelle. Pierre et Al, prônaient la même prononciation. Par contre quand on fait référence à la prononciation du mot "os", ici, c'est une autre histoire, il est plus facile et naturel de prononcer "un os" avec le "o ouvert suivi du s" qu'avec un "o fermé" car le "un" est une voyelle nasale, mais on ne sait jamais ce qui nous attend dans l'avenir.
Remarque :
Dans l'expression "deux os" il est plus facile de le prononcer avec un "o fermé" qu'avec un "o ouvert suivi du s"

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » sam. 30 mars 2019, 7:33

Jean-Luc a écrit :qu'est-ce qui nous empêche de prononcer de la même façon le mot bœuf au singulier qu'au pluriel ?

Le respect de la langue !
Jean-Luc a écrit :"Des bœufs" et "débout" risquent d'être confondus avec la prononciation actuelle.
Je me demande (je ne vous demande plus, vous ne répondez généralement pas) ce qui vous fait écrire cela. Si les francophones se mettent à confondre oralement « bœufs » et « bouts », ils ne distingueront plus « nœud » et « nous », « peu » et « pou », « deux » et « doux », « eux » et « où », « Goethe » et « goûte » ! Où va-t-on ?!
Jean-Luc a écrit :Pierre et Al, prônaient la même prononciation. Par contre quand on fait référence à la prononciation du mot "os", ici, c'est une autre histoire, il est plus facile et naturel de prononcer "un os" avec le "o ouvert suivi du s" qu'avec un "o fermé" car le "un" est une voyelle nasale, mais on ne sait jamais ce qui nous attend dans l'avenir.
Remarque :
Dans l'expression "deux os" il est plus facile de le prononcer avec un "o fermé" qu'avec un "o ouvert suivi du s"
Je ne trouve trace nulle part sur la Toile de Pierre et Al.
Votre considération sur la voyelle nasale [œ̃] (un) dans « un os » m'étonne. Ce son vocalique n'est pas au contact direct du o d'os, la consonne n étant alors prononcée : [œ̃nɔ̃s].

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