Prolepse et anacoluthe

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André (G., R.)
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Re: Prolepse et anacoluthe

Message par André (G., R.) » lun. 29 juil. 2019, 7:01

Les enfants donnent cinq euros à leur petite sœur pour (qu'elle puisse) s'acheter des bonbons.
Les enfants sont confiés à la jeune fille par leur mère pour (que cette dernière puisse) se prostituer.

Selon que chacune de ces deux phrases contient ou non « qu'elle puisse » (ou « que cette dernière puisse »), on n'a pas affaire ou l'on a affaire à une anacoluthe. Mais... comment dire ? L'anacoluthe, aussi fautive grammaticalement dans l'une et l'autre, me paraît un peu — très légèrement — moins gênante avec le passif « sont confiés » : on sait qu'il s'agit là d'une action de la mère, que concerne aussi « se prostituer ».

André (G., R.)
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Re: Prolepse et anacoluthe

Message par André (G., R.) » mar. 30 juil. 2019, 8:56

Un Réunionnais récolteur de plantes médicinales : Des lobbys pharmaceutiques m'ont proposé des milliers d'euros pour bosser avec eux. Pour que j'accepte de bosser...
Si cet homme « bossait » avec les lobbys pharmaceutiques, ces mêmes lobbys « bosseraient » avec lui ! Une autre manière de mettre l'anacoluthe en valeur et d'améliorer la phrase, sans l'allonger, consisterait donc à dire :

Des lobbys pharmaceutiques m'ont proposé des milliers d'euros pour bosser avec moi.

Ainsi, ce sont les lobbys qui proposent l'argent et c'est eux qui bossent : en grammaire stricte, le sujet du verbe à l'infinitif après « pour » doit être identique à celui du verbe qui amène l'infinitive. Infinitive de but en la circonstance, mais la règle vaut aussi pour l'infinitif introduit par « sans », « au lieu de »... : « Le laboratoire* pharmaceutique X ne propose pas d'argent sans bosser avec lui » gêne autant le grammairien scrupuleux que la phrase du Réunionnais. Sans qu'on accepte de bosser avec lui, ou bien : sans exiger de bosser avec vous.

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* « Lobby » ne convient peut-être pas parfaitement.

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Re: Prolepse et anacoluthe

Message par André (G., R.) » mer. 31 juil. 2019, 8:36

Le kyste de la chirurgienne !
Sur un réseau social, une patiente écrit : Ayant émis le souhait de pouvoir avoir des enfants sans difficultés, la chirurgienne à préférer (sic) tenter de retirer les saignements en laissant le kyste, pour sauver l'organe.

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Perkele
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Re: Prolepse et anacoluthe

Message par Perkele » jeu. 01 août 2019, 7:42

Elle est très adroite pour s'opérer elle-même ; sans compter que "retirer" des saignements c'est très fort.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Re: Prolepse et anacoluthe

Message par André (G., R.) » sam. 14 sept. 2019, 10:01

Soit la phrase : Pierre s'est marié à l'âge de trente ans. Elle comporte un sujet, Pierre, un verbe, s'est marié, et un complément de temps de ce verbe, à l'âge de trente ans, répondant à la question Quand Pierre s'est-il marié ? Tout cela fait le bonheur du grammairien traditionnel !

Beaucoup d'avis mortuaires se présentent sous les formes : Nous vous informons du décès de Pierre DUPONT, à l'âge de quatre-vingts ans, ou : Nous vous informons du décès de Pierre DUPONT, survenu à l'âge de quatre-vingts ans. Quand vous informons-nous ? À l'âge de quatre-vingts ans ?!

Toutefois, c'est évidemment parfaitement compréhensible. L'est moins le fait qu'on oublie en pareil cas la tournure non anacoluthique et un peu plus concise (malgré un nombre égal de syllabes prononcées) : Nous vous informons du décès de Pierre DUPONT, âgé de quatre-vingts ans.

La mise en évidence de la rupture de construction est simple... mais pléonastique : Nous vous informons du décès de Pierre DUPONT, mort à l'âge de quatre-vingts ans.

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Re: Prolepse et anacoluthe

Message par André (G., R.) » sam. 14 sept. 2019, 11:47

Je reviens sur la phrase Nous vous informons du décès de Pierre DUPONT, survenu à l'âge de quatre-vingts ans.
Là, on peut demander non pas « Quand vous informons-nous ? » mais « Quand le décès est-il survenu ? ». On se rend alors compte que conviendrait une réponse comme « Hier ».

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