Has-been et play-boy

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angeloï
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Has-been et play-boy

Message par angeloï » sam. 13 nov. 2010, 11:58

Je suis de ceux qui ratissent les auteurs anciens à la recherche de mots anciens qui pourraient avantageusement remplacer des mots de franglais.

C'est ainsi qu'en lisant le Capitaine Fracasse j'ai découvert godelureau qui me paraît être l'équivalent du play-boy, et antiquaille, qu'un petit effort permettrait d'utiliser à la place de has-been, mot qui sert à désigner des personnes dont l"heure de gloire est passée.

ANTIQUAILLE, subst. fém.
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ANTIQUAILLE, subst. fém.
Fam. et péj.
A. [Empl. le plus souvent au plur.; au sing. il prend gén. la valeur d'un coll.] Objet plus ou moins ancien, de peu de valeur ou considéré comme tel. Synon. antiquaillerie* :

1. ... le bon Schmucke, en traitant ces magnificences de primporions et déplorant la manie de Pons, avait inculqué son mépris pour ces antiquailles à la portière et garanti le musée Pons de toute invasion pendant fort longtemps.
BALZAC, Le Cousin Pons, 1847, p. 137.

2. La salle était assez grande, sombre, lourdement abritée du jour par d'énormes tentures bleues étouffantes, qui masquaient la fenêtre. Il y régnait un fort parfum de benjoin et d'essence d'Orient. Dans un désordre voulu, des fauteuils voilés de housses comme des fantômes, des guéridons, des sellettes, des antiquailles, un secrétaire Louis XV, un bureau de même époque, d'un fort joli dessin, mais qui fléchissait par le milieu, des coussins, un divan Récamier, encombraient tout le salon.
VAN DER MEERSCH, Invasion 14, 1935, p. 153.

Rem. JOSSIER 1881 distingue antiquités de antiquailles comme suit : Quand les objets ,,sont de peu d'importance ou de peu de valeur, on les désigne par mépris sous le nom d'antiquailles`` (s.v. antiquités).
B. P. ext.
1. [Désignant un inanimé abstr.] Idée, institution désuète, périmée :

3. L'autorité commet sur ce point une étrange bévue, elle craint la nouveauté!!! c'est au contraire ce qu'elle doit désirer; on ne lui a jamais donné de nouveautés, tous les systèmes philosophiques sont des antiquailles replâtrées, roulant toujours sur les mêmes pivots, sur l'incohérence des ménages et cultures, et la concurrence de fourberie en commerce.
FOURIER, Le Nouv. monde industr., 1830, p. 45.

2. Vx. [Désignant une pers.] Personne âgée, décrépite :

4. Vils roturiers,
Respectez les quartiers
De la marquise de Pretintaille.
Je veux citer les plus marquants,
Bien qu'après coup tous ces croquants
Osent me traiter d'antiquaille :
Je ne suis aux yeux des malins
Qu'une savonnette à vilains.
BÉRANGER, Chansons, t. 2, 1829, p. 220.

GODELUREAU, subst. masc.
Fam. Jeune homme aux manières affectées et qui se plaît à courtiser les femmes. Synon. galantin (vieilli). Le godelureau trouva digne d'intérêt cette belle jeune femme savante qui lui donnait la réplique (LA VARENDE, Caval. seul, 1956, p. 20) :

La chambrière écorche un peu le français, vous bigle ferme, et a l'air de vous dire : « J'ai vu d'autres godelureaux que vous dans les armées de Napoléon! »
CHATEAUBR., Mém., t. 4, 1848, p. 293

[Un lien ne suffirait-il pas ? signé Perkele dans son rôle de modératrice]

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Jacques
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Message par Jacques » sam. 13 nov. 2010, 12:45

Je ne suis pas sûr que godelureau puisse remplacer play-boy, voici ce qu'en dit l'Académie : Fam. Jeune homme léger qui fait le galant et l'agréable.
Pour Robert, le play-boy est un homme avenant et séducteur qui mène une vie oisive et facile. Il est donc charmeur et séduisant, ce que n'est pas le godelureau, ce dernier mot étant nettement plus péjoratif et n'impliquant pas la notion de charme :
Familièrement et par dénigrement, jeune homme d'une conduite étourdie, qui fait le joli coeur auprès des femmes.
(Littré).
Il nous reste donc à découvrir le terme adéquat. Pour l'instant je sèche.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

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Message par Klausinski » sam. 13 nov. 2010, 14:41

Pour « play-boy », mon dictionnaire des synonymes donne milord et une suite de mots péjoratifs un peu désuets : freluquet, godelureau, gandin, mirliflores, etc. Tous ces mots désignent des hommes assez coquets qui se piquent d’élégance et qui ne se distinguent pas par leur virilité. Le play-boy, au contraire, est souvent représenté comme un homme très viril. Comme Jacques le fait remarquer, c’est un charmeur, un joli cœur. Et peut-être que l’un de ces deux derniers mots pourrait convenir pour le désigner.

Quant à l’has-been, je ne vois pas ce qui empêcherait d’utiliser le mot « ringard».
« J’écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je ne devrais penser, et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité. »
(Kafka, cité par Mauriac)

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Message par Jacques » sam. 13 nov. 2010, 15:05

Il me semble que ringard est synonyme de vieux jeu, donc dépassé et qui ne s'est pas mis aux manières modernes, alors que has been, si on envisage le sens strict en anglais, c'est quelqu'un qui a fait son temps.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

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Message par Klausinski » sam. 13 nov. 2010, 15:25

Ringard appartient aussi, et même avant tout, à l’argot du théâtre. Voici ce qu’en dit le TLFi : « Vieil artiste du spectacle, oublié ou sans talent, à la recherche de petits rôles. (Dict. XXe s.) »
De plus, il arrive à présent qu’on dise d’une personne qu’elle s’habille comme un has-been ou qu’elle a des idées has-been. Vraiment, s’il y a une différence elle est minime, ou plutôt elle tient au fait que l’un des deux mots a le vent en poupe tandis que l’autre s’est «ringardisé ».
« J’écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je ne devrais penser, et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité. »
(Kafka, cité par Mauriac)

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Message par Jacques » sam. 13 nov. 2010, 16:12

Vu de cette manière, le mot est recevable. On a tendance de nos jours à lui donner ce sens nouveau que j'évoquais plus haut.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

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Message par Perkele » sam. 13 nov. 2010, 16:26

Il me semble que nous nous répétons, là, Monsieur l'archiviste en chef, s'il-vous-plaît ?
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Jacques » sam. 13 nov. 2010, 17:10

Avions-nous déjà évoqué ces questions ?
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

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Message par Perkele » sam. 13 nov. 2010, 19:09

Oui, le "ringard", vedette déchue en argot du théâtre a été traité sur cette place.

Pour en revenir au "play-boy", à mon sens, il n'est pas toujours beau, mais il drague comme il respire.

Je propose un dragueur, un coureur, un cavaleur, un pistachier, un vert-galant, un séducteur, un tombeur, un don-juan...
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Madame de Sévigné » sam. 13 nov. 2010, 19:26

Un "has-been play-boy" serait-il un vieux beau ?

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Message par Jacques » sam. 13 nov. 2010, 19:27

J'ai l'impression que don Juan conviendrait, cela nous mènerait de l'anglais à l'espagnol.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

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Message par Perkele » sam. 13 nov. 2010, 19:28

Nous pouvons faire un tour par l'Italie avec un casanova.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Jacques » sam. 13 nov. 2010, 20:41

Madame de Sévigné a écrit :Un "has-been play-boy" serait-il un vieux beau ?
Pourquoi pas ? L'idée n'est pas à rejeter.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

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Message par Jacques » sam. 13 nov. 2010, 20:43

Perkele a écrit :Nous pouvons faire un tour par l'Italie avec un casanova.
C'est vrai, pourquoi donner un nom anglais à une spécialité latine ?
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

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Message par JR » sam. 13 nov. 2010, 22:04

Oui, don Juan, Casanova, Lovelace . . . mais ce sont des noms propres : il n'y a donc pas d'anglicisme.
A vrai dire, je ne sais pas très bien ce qu'est un playboy; si j'essaye de traduire, c'est un garçon de jeu; en fait, c'est un séducteur; et si il parvient à vivre de son art, c'est un gigolo.
L’ignorance est mère de tous les maux.
François Rabelais

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