« Addiction »

Avatar de l’utilisateur
Marco
Messages : 1005
Inscription : jeu. 09 juin 2005, 23:36

« Addiction »

Message par Marco » mar. 19 juin 2007, 15:51

Je vois dans le programme des « moments pédagogiques » de mon école que nous devrons assister à una séance consacrée aux addictions. Quelle différence y a-t-il entre addiction et dépendance ? Aucune, si ce n’est que le premier mot est anglais, donc forcément « mieux ». :(

amourdeliceetorgue

Message par amourdeliceetorgue » mar. 19 juin 2007, 16:00

le mot n'est pas français, on dira plutôt dépendance par accoutumance.

Avatar de l’utilisateur
Jacques
Messages : 14475
Inscription : sam. 11 juin 2005, 8:07
Localisation : Champagne (décédé le 29 mai 2015)

Message par Jacques » mar. 19 juin 2007, 16:04

Addiction est encore l'un de ces anglicismes contre lesquels vous et moi nous nous battons, Marco. Dépendance comme le dit ADO est notre mot français correspondant.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

Avatar de l’utilisateur
Perkele
Messages : 7946
Inscription : sam. 11 juin 2005, 18:26
Localisation : Deuxième à droite après le feu

Message par Perkele » mar. 19 juin 2007, 17:54

Nous en avions parlé dans le forum du Dicomoche et Morphée nous y soumettait sa vision de médecin.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

Avatar de l’utilisateur
Jacques
Messages : 14475
Inscription : sam. 11 juin 2005, 8:07
Localisation : Champagne (décédé le 29 mai 2015)

Message par Jacques » mar. 19 juin 2007, 18:18

Vous êtes donc membre du forum du Dicomoche ? Cela m'intéresse. Je ne savais pas qu'il y avait là un forum. J'irai y faire un tour en badaud, avant de décider si je m'inscris.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

Avatar de l’utilisateur
JR
Messages : 1301
Inscription : mer. 29 nov. 2006, 16:35
Localisation : Sénart (décédé le 15 mai 2013)
Contact :

Re: « Addiction »

Message par JR » mar. 19 juin 2007, 23:16

Marco a écrit : Quelle différence y a-t-il entre addiction et dépendance ? Aucune, si ce n’est que le premier mot est anglais, donc forcément « mieux ». :(
Objection, votre honneur (pour continuer les anglicismes :) )
Un enfant est dépendant de ses parents; une colonie est dépendante de la métropole, un vieillard peut être dépendant de son entourage, mais ce ne sont pas des addictions.
L’ignorance est mère de tous les maux.
François Rabelais

Avatar de l’utilisateur
Marco
Messages : 1005
Inscription : jeu. 09 juin 2005, 23:36

Message par Marco » mer. 20 juin 2007, 0:01

Bon, je veux bien accepter l’objection, mais que me dites-vous de cette définition du Petit Robert ?
DÉPENDANCE 4. État résultant de la consommation répétée d’un substance toxique, qui se caractérise par le besoin de continuer la prise et d’augmenter les doses. -> accoutumance, pharmacodépendance, toxicomanie. Dépendance à la morphine. Dépendance physique ou psychique.
Addiction ne figure pas dans mon édition. Je ne suis pas forcément contre si le terme a réellement un sens différent de celui énoncé ci-dessus.

Avatar de l’utilisateur
Jacques
Messages : 14475
Inscription : sam. 11 juin 2005, 8:07
Localisation : Champagne (décédé le 29 mai 2015)

Message par Jacques » mer. 20 juin 2007, 8:16

Non Marco, addiction n'a pas de nuance de sens avec cette définition. C'est un mot anglais qui a exactement la même signification. L'utiliser à la place de dépendance relève du snobisme. Donc à proscrire de notre vocabulaire.
Mon Harrap's donne ces équivalents : addict intoxiqué ; et aussi fanatique (de football) – drug addiction, toxicomanie – addictive qui crée une dépendance.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

Avatar de l’utilisateur
Jacques
Messages : 14475
Inscription : sam. 11 juin 2005, 8:07
Localisation : Champagne (décédé le 29 mai 2015)

Message par Jacques » mer. 20 juin 2007, 8:40

Trouvé sur Wikipedia : Ce terme est un anglicisme qui est utilisé depuis quelques années comme équivalent du mot dépendance (ou pharmacodépendance) et même de toxicomanie.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

Avatar de l’utilisateur
JR
Messages : 1301
Inscription : mer. 29 nov. 2006, 16:35
Localisation : Sénart (décédé le 15 mai 2013)
Contact :

Message par JR » mer. 20 juin 2007, 15:54

Je ne veux contrarier personne, :? mais il me semble que, dans le langage courant, les addictions (je ne nie pas qu'il s'agisse d'un anglicisme)
forment un sous-ensemble des dépendances possibles, et que les deux termes ne sont donc pas synonymes.

Plus précisément, ma perception personnelle du terme addiction conduirait à une définition comme :
dépendance à une chose non indispensable,
dont il est possible de s'affranchir par un effort de volonté éventuellement complété par une psychothérapie. :roll:
L’ignorance est mère de tous les maux.
François Rabelais

Avatar de l’utilisateur
JR
Messages : 1301
Inscription : mer. 29 nov. 2006, 16:35
Localisation : Sénart (décédé le 15 mai 2013)
Contact :

Message par JR » mer. 20 juin 2007, 15:56

Je ne parle pas des dépendances du château, même si tous les occupants sont drogués ! :lol:
L’ignorance est mère de tous les maux.
François Rabelais

Avatar de l’utilisateur
Jacques
Messages : 14475
Inscription : sam. 11 juin 2005, 8:07
Localisation : Champagne (décédé le 29 mai 2015)

Message par Jacques » mer. 20 juin 2007, 16:30

Non JR, malgré tous vos arguments vous ne pouvez pas justifier l'emploi de cet anglicisme. Le mot dépendance a plusieurs acceptions, qui se rattachent toutes à la même idée. L'Académie française nous dit :
1 . Relation étroite et parfois réciproque, impliquant ou non une subordination, entre des réalités, des idées.
2. Ce qui se rattache, comme élément accessoire, à une chose principale, le plus souvent en parlant de biens immobiliers.
3. Le fait pour une personne ou un groupe de personnes de dépendre de quelqu'un d'autre ou de quelque chose ; sujétion.
PATHOL. Asservissement à un produit nocif, à une drogue, dont l'absorption répétée a créé un besoin impérieux. L'abus du tabac, de l'alcool finit par créer un état de dépendance. L'état de manque révèle la dépendance du toxicomane.

J'ajoute que ce sens pathologique de dépendance s'applique aussi aux acheteurs compulsifs ou, par exemple, aux personnes qui sont esclaves du jeu ou d'une pratique dont elles ne peuvent plus se corriger.
Donc il n'y a pas de doute, addiction ne sert à rien, et doit être condamné comme anglicisme inutile.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

Avatar de l’utilisateur
Perkele
Messages : 7946
Inscription : sam. 11 juin 2005, 18:26
Localisation : Deuxième à droite après le feu

Message par Perkele » mer. 20 juin 2007, 16:53

JR a écrit :[...]
dépendance à une chose non indispensable [...] :roll:
Peut-on reprocher la dépendance à une chose indispensable ?
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

Avatar de l’utilisateur
JR
Messages : 1301
Inscription : mer. 29 nov. 2006, 16:35
Localisation : Sénart (décédé le 15 mai 2013)
Contact :

Message par JR » mer. 20 juin 2007, 17:07

Perkele a écrit :
Peut-on reprocher la dépendance à une chose indispensable ?
Je ne m'exprime pas en moraliste !

Pour le reste, je m'en voudrais d'insister : addiction est un anglicisme.
Mais je suis convaincu qu'un jour viendra où il rejoindra la longue liste des mots d'origine étrangère qui complètent le vocabulaire français. :)
L’ignorance est mère de tous les maux.
François Rabelais

Avatar de l’utilisateur
Jacques
Messages : 14475
Inscription : sam. 11 juin 2005, 8:07
Localisation : Champagne (décédé le 29 mai 2015)

Message par Jacques » mer. 20 juin 2007, 17:11

JR a écrit :
Perkele a écrit :
Peut-on reprocher la dépendance à une chose indispensable ?
Je ne m'exprime pas en moraliste !

Pour le reste, je m'en voudrais d'insister : addiction est un anglicisme.
Mais je suis convaincu qu'un jour viendra où il rejoindra la longue liste des mots d'origine étrangère qui complètent le vocabulaire français. :)
HÉLAS ! Et la liste est déjà longue. Je ne parle pas de ceux qui se justifient parce qu'ils expriment un concept ou désignent un objet qui n'existe pas en français, mais de tous les anglo-américanismes qui polluent notre langue en se substituant à des termes qui y existaient.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

Répondre