« Addiction »

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Perkele
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Message par Perkele » mer. 20 juin 2007, 17:48

Perkele a écrit :
JR a écrit :[...]
dépendance à une chose non indispensable [...] :roll:
Peut-on reprocher la dépendance à une chose indispensable ?
Je ne pensais pas à la morale.

Si quelque chose est indispensable, l'eau, par exemple, on en boit régulièrement et personne ne le relèvera ni ne parlera de dépendance.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Jacques
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Message par Jacques » mer. 20 juin 2007, 18:13

On dira simplement que nous sommes dépendants de l'eau, et non à l'eau, ce qui fait toute la différence, alors que le fumeur est dépendant au tabac. Ah, les prépositions !
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

Invité

Message par Invité » lun. 02 juil. 2007, 21:48

Dans la dernière parution du petit opuscule DLF, je suis tombé sur un article (p26) qui évoque un mot, non cité ici, qui me semble pourtant en plein dans notre sujet, le mot: "assuétude".

Voilà bien le mot qui peut faire barrage à addiction, non?

Encore faudrait-il le connaître, il est vrai. Il faudrait qu'il sorte du cercle des psy..

Définitions:
1. L'assuétude est un continuum, c'est-à-dire qu'il est un cercle vicieux, qui recommence sans arrêt et qui n'a pas de fin sans intervention.

2. L'assuétude détourne la personne de tous ses autres centres d'intérêt, ce qui veut dire que l'usage de la ou des drogues devient omniprésent, en éliminant progressivement tous les autres centres d'intérêt de la personne.

3. L'assuétude n'est pas une expérience agréable, en bref, que la personne utilise des psychotropes presque uniquement dans le but de soulager sa souffrance et qu'il n'y a plus le plaisir lié à la consommation, comme au début.

4. L'assuétude est l'incapacité de choisir de ne pas faire quelque chose, c'est-à-dire que la personne a placé le ou les psychotropes au centre de sa vie et qu'elle ne vit que pour cela. La ou les substances la dominent totalement et la personne n'est plus maître de sa vie.

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Message par Jacques » lun. 02 juil. 2007, 22:01

Vous êtes rapide, j'ai reçu la revue ce matin, et n'ai pas encore eu le temps de m'y plonger. Il semble bien, en effet, que ce mot assuétude puisse convenir. Belle trouvaille !
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).

Invité

Message par Invité » lun. 02 juil. 2007, 22:11

Rassurez-vous, je n'ai pas tout lu. J'en lis des articles dans le métro, c'est pratique et je fais de la pub.

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Message par Jacques » mar. 03 juil. 2007, 7:54

Faire de la pub pour DLF, voilà une excellente initiative.
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Message par Perkele » mar. 03 juil. 2007, 8:24

Quelques extraits de la page vers laquelle je vous aiguillais plus haut sur laquelle intervient un médecin :
Addiction c'est le terme anglais pour assuétude (asservissement psychique, dépendance psychique).
L'accoutumance n'est pas appropriée, c'est la tolérance (qui oblige à augmenter les doses).
Et le terme de dépendance devrait être réservé à la dépendance physique (les conséquences organiques du manque)
Quand les spécialistes de toxicomanies parlent d'assuétude, ils parlent de dépendance psychique, certes, mais avec l'idée de mécanismes plus cérébraux (modifications des neurotransmetteurs par ex.) que purement psychosociaux. Cependant les frontières sont floues, et les mots créent là des séparations, des barrières entre des faits qui se recoupent, se chevauchent. Cette "dépendance" psychique est probablement en partie neuronale, en partie purement psychique, et la dépendance physique (tremblement, tachycardie...) fait intervenir le cerveau, pas seulement "le corps".
C'est juste une nuance d'usage : accoutumance sert pour "l'habituation" physique (par ex. la mithridatisation), et l'assuétude pour "l'habituation" psychique.
Et c'est la dépendance qui correspond aux signes physiques de l'état de manque (l'assuétude n'entraîne qu'une quête compulsive)
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Jacques » mar. 03 juil. 2007, 8:29

Voilà qui confirme notre position. Hélas ! dans les cours d'hôpitaux, on voit des pancartes où il est écrit addictions, ou service des addictions en lettres énormes, et c'est le terme qu'utilise couramment le personnel médical, à commencer par les médecins spécialistes eux-mêmes. J'ai vu et entendu cela à la télévision.
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Message par Perkele » mar. 03 juil. 2007, 8:54

L'ensemble du personnel hospitalier ne fréquente pas les forum où l'on traite de langue française. :wink:

Sur le Dicomoche nous avons la chance de pouvoir poser nos questions à Morphée et Denis.
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Message par Jacques » mar. 03 juil. 2007, 9:26

Vous êtes « addict » au Dicomoche ? Pardon, accro. Enfin, sous assuétude.
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addictif

Message par Anne » sam. 15 août 2009, 15:21

Je fais remonter ce fil parce que je cherche depuis deux jours un équivalent au mot "addictif". J'ai l'intuition qu'un tel mot existe dans la langue française, mais je ne le trouve pas. Les définitions des dictionnaires que j'ai consultés ne me donnent pas de synonyme, mais une périphrase.

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Message par Perkele » sam. 15 août 2009, 15:51

dépendant ?
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Jacques » sam. 15 août 2009, 15:51

Si je ne me trompe, cet adjectif signifierait « qui crée une dépendance » ou « qui a le caractère de la dépendance ».
Il n'existe, hélas ! pas de mot français pour contrer cet anglicisme. Celui qui me paraît le plus proche de l'idée serait asservissant. Pourquoi ne pas faire preuve de hardiesse en créant le néologisme assuétif ?
On ne peut pas le qualifier de barbarisme, parce qu'il est régulièrement construit sur assuétude et, à tout prendre, mieux vaut un néologisme non homologué qu'un anglicisme.
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Message par Jacques-André-Albert » sam. 15 août 2009, 16:45

Jacques a écrit :Pourquoi ne pas faire preuve de hardiesse en créant le néologisme assuétif ?
Pas mal, Jacques, mais quelqu'un y avait pensé avant vous... en novembre 2002 ! (à la 7ème ligne du 2ème paragraphe), ainsi qu'à la 150ème page de cette thèse de doctorat.

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Message par Jacques » sam. 15 août 2009, 17:21

Bon pour le premier, mais j'ai lu deux fois la page 150 du second sans y trouver le mot. En revanche, je m'étonne de constater que quelqu'un qui présente une thèse de linguistique commette des fautes, comme l'usage de technologie au lieu de technique, ce qui constitue une impropriété, voire un barbarisme, et cette erreur grossière : de part son caractère... au lieu, évidemment, de de par. Et je ne parlerai pas des fautes de ponctuation.
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