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Prolepse et anacoluthe

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André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » mar. 13 nov. 2018, 7:49

Deux phrases que je crois irréprochables grammaticalement :

C'est à force d'être trop gentil qu'un jour vous êtes finalement rendu méchant par les autres.
C'est à force que vous soyez trop gentil qu'un jour les autres finissent par vous rendre méchant.

Mais la première peut paraître un peu bizarre et la seconde est lourde. Toutefois, je ne m'interdirais peut-être pas la première.
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

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Yeva Agetuya
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Message par Yeva Agetuya » jeu. 15 nov. 2018, 15:11

"à force que", ça existe ? J'ai un doute....

https://www.linguee.fr/francais-anglais ... e+que.html

Leclerc92
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Message par Leclerc92 » jeu. 15 nov. 2018, 17:18

Ça existe, puisque nous l'avons sous les yeux. Mais, bien sûr, cela relève d'un registre de langue familier, pour ne pas dire relâché, ou régional. À proscrire en français surveillé, sauf si l'on est poète, comme Aragon (Je suis la pierre usée à force que tu passes)
L'expression est signalée sur plusieurs sites de français régional :
http://hubertzakine.blogspot.com/2011/0 ... e-sur.html
http://termesregionauxetnomsdelieux.blogspot.com/
http://fleur.de.soleil.over-blog.fr/art ... 68223.html

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » jeu. 15 nov. 2018, 19:05

Leclerc92 a écrit :Ça existe, puisque nous l'avons sous les yeux.
:lol:

C'est vrai ! Mais tout ce que je soumets à votre regard est susceptible d'être critiqué sans que cela me gêne ! Et si l'on ne trouvait nulle part ailleurs trace d'un mot ou d'une tournure que j'emploie, je ne verrais aucun inconvénient à ce qu'on dise que cela n'existe pas (en français habituel, standard) !

Je l'ai dit plusieurs fois : dans le cadre d'un raisonnement grammatical, pour la démonstration, on peut éprouver le besoin de recourir à des formes qu'on éviterait en langage soutenu ou même dans un texte plus ordinaire.

Sous votre troisième lien, Leclerc92, je n'aime guère « le parlé ».
Dernière modification par André (G., R.) le ven. 16 nov. 2018, 16:51, modifié 1 fois.
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » ven. 16 nov. 2018, 7:18

André (G., R.) a écrit : Leur acceptation est une autre question : je ne me vois pas reprocher à qui que ce soit de dire « L'appétit vient en mangeant » ou « Il va où je vais ».
On peut citer aussi, parmi les anacoluthes qui se sont imposées, « Cela va sans dire » (Cela va sans qu'on ait besoin de le dire). Et la réplique que provoque parfois cette phrase, « Mais ça va encore mieux en le disant », est pareillement anacoluthique (Mais ça va encore mieux si l'on enfonce le clou en le disant). Euh, je fais ce que je peux pour montrer les ruptures de construction !
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

Leclerc92
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Message par Leclerc92 » sam. 08 déc. 2018, 15:25

Dans un autre fil, un télépapoteur relève une anacoluthe dans ces deux phrases, à propos d'un peintre :
-Au moment de faire naître le motif, la toile lui appartient déjà.
-Au moment de produire le motif, la toile lui appartient déjà.

Cela me rappelle un classique du rire du XIXe siècle, toujours d'actualité, sur les suppléments dans les restaurants aux affiches trompeuses :
Séduit par une affiche d'une nuance entièrement vert-pomme, qui, placardée à la porte d'un restaurateur à quarante sous, vous annonce que, pour ce modique déboursé, vous allez faire un festin de Balthazar, vous entrez, et vous mangez; puis, au moment de payer, le garçon vous fait observer que vous avez pris des huîtres, un citron, du vin première qualité, plus, quatre plats qui tous étaient marqués d'un astérisque, ce qui signifie qu'ils paient un supplément de cinquante centimes; tout cela réuni fait que votre dîner de quarante sous atteint le total de cinq francs soixante centimes, non compris le garçon, qui arrive encore en supplément.
https://books.google.fr/books?id=TZFEAA ... &q&f=false

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » sam. 08 déc. 2018, 16:47

:lol:
Puisque le garçon payait, les clients devaient être nombreux !

Sur l'autre fil, vous avez fourni la phrase complète dont est extrait le passage anacoluthique : C’est toujours par le fond, cette belle étendue pure, que l’artiste commence son œuvre, pour qu’au moment de faire naître le motif, la toile lui appartienne déjà.

Si, dans la subordonnée de but, en gras, on place le complément de temps après le verbe dont il dépend, on se rend peut-être mieux compte de ce que l'anacoluthe est présente aussi dans la phrase d'origine : C’est toujours par le fond, cette belle étendue pure, que l’artiste commence son œuvre, pour que la toile lui appartienne déjà au moment de faire naître le motif.

Bien entendu, cette phrase est compréhensible. Mais elle signifie stricto sensu que c'est la toile qui fait naître le motif, car le grammairien ne peut pas « accrocher » le complément de temps « au moment de faire naître le motif » à autre chose qu'à « pour que la toile lui appartienne déjà ».
Je propose : C’est toujours par le fond, cette belle étendue pure, que l’artiste commence son œuvre, pour que la toile lui appartienne dès qu'il crée le motif.

L'anacoluthe (rupture de construction) de la phrase originelle peut être mise ainsi en valeur : C’est toujours par le fond, cette belle étendue pure, que l’artiste commence son œuvre, pour qu’au moment où il décide de faire naître le motif, la toile lui appartienne déjà.
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Des cirques privés d'activités et de vie sociale

Message par André (G., R.) » lun. 31 déc. 2018, 11:12

Dans mon journal : Très souvent enfermés dans des cages ou des enclos, transportés sur les routes, contraints de faire des tours pénibles, contre-nature et stressants, privés d'activités suffisantes et d'une vie sociale normale, les cirques sont des lieux…

Fin de la phrase : … de souffrance pour les animaux. On comprend mieux !
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Perkele
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Message par Perkele » lun. 31 déc. 2018, 12:36

Il est vrai que des cirques enfermés dans des cages, c'est très cruel. ;-)
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » mar. 01 janv. 2019, 8:02

:lol:

Ces cages que nous évoquons à la suite de l'article me font penser, sans aucune originalité, à la rivalité entre deux chanteurs.

Que l'année 2019 vous soit douce, chers cotélépapoteurs de bonne foi.
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Message par Leclerc92 » mar. 01 janv. 2019, 9:42

André (G., R.) a écrit :Que l'année 2019 vous soit douce, chers cotélépapoteurs de bonne foi.
Merci, André, de vos bons vœux. Comme je suis de bonne foi, et que vous l'êtes probablement aussi, nous voilà donc déjà deux à avoir de bonnes raisons d'espérer une année douce, et je suis intimement persuadé que les autres télépapoteurs de ce forum le méritent aussi autant que vous et moi.
-- Monseigneur, il faut bien que je vive. –- Je n’en vois pas la nécessité.

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