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Arrêtez de « violenter » !

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LMMRM
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Message par LMMRM » ven. 08 mars 2019, 17:16

L'utilisation de "violenter" dans le sens de "violer" a fortement régressé au cours des dernières années, probablement parce qu'on parle plus ouvertement du viol.
En effet, très juste.
Il y a dans ce sous-domaine de la criminalité moins de décence mal placée, et c'est toujours le mot exact qui est employé, et non l'euphémisme ; il faut certainement remercier les mouvements féministes.
En revanche, dans d'autres sous-domaines de la criminalité ou de la délinquance, de nombreux euphémismes sont nés et continuent à naître, comme « incivilité » ou « agression gratuite » : ils font partie de ce qu'on appelle la langue de bois ou le novlangue, qui minimisent, exagèrent ou déforment la réalité selon les besoins des gouvernants du moment.
Dans le domaine de la Toile, pensons au mot « modération », qui neuf fois sur dix cache le mot « censure (politique) ».
L'auto-censure, elle aussi, crée des euphémismes, et le mot « censure » est censuré, pourrait-on dire.

Leclerc92
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Message par Leclerc92 » ven. 08 mars 2019, 18:15

LMMRM a écrit :
Dans le domaine de la Toile, pensons au mot « modération », qui neuf fois sur dix cache le mot « censure (politique) ».
Pas ici, notre modératrice ne censure pas et est très. .. modérée ! :p

Jean-Luc
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Message par Jean-Luc » ven. 08 mars 2019, 18:52

Leclerc92 a écrit :
Pas ici, notre modératrice ne censure pas *et est très. .. modérée ! :p

* "et est" Voilà ici (voici), un exemple parfait de paronymes :wink: :wink: n'est-ce pas, André ?

N.B :
On se demande si pour le plaisir de gagner un pari quelque grand qu’il soit, on a le droit de "violenter" des animaux qui ont, aussi bien que nous-mêmes, la conscience de la douleur qu’ils éprouvent et des mauvais traitements qu’ils reçoivent. — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)

Dans la phrase ci-dessus, le mot "violenter" est très proche au verbe "frapper"(donner des coups), si l'on accepte cette phrase pour de vraie dans ce contexte sans équivoque, cela pourrait fonctionner dans d'autres circonstances où il y a des êtres humains.

Peut-être que les paris sont encore ouverts, mais dans le chemin de l'entente :oops: :oops: La nouvelle édition complète de l'Académie me tarde !

Une remarque :
Dans le monde de l'équitation existe "faire par force un cheval à courir plus vite" l'une des techniques consiste à donner coups d'éperons pour y arriver. Je voudrais savoir que m'empêcherait d'utiliser l'expression "violenter un cheval à courir plus vite" ?
On est tous d'accord que parfois "violenter" est égal à contraindre par la force (faire par force), or dans ce cas-là, il serait difficile d'éviter les coups au cheval.

Quand un professeur violente ses élèves, seulement le contexte va nous dire si ces élèves ont subi ou non des coups. https://tse1.mm.bing.net/th?id=OGC.1866 ... 3Si98nNWsQ

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LMMRM
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Message par LMMRM » sam. 09 mars 2019, 0:02

Cette discussion partait d'un seul exemple, elle en souffrait un peu. Voici quatre autres exemples parmi dix mille, tous issus de Leparisien.fr :
Le couple de gérants, alors sur place, a été malmené, plus particulièrement le mari qui a été violenté au visage.
http://www.leparisien.fr/espace-premium ... 383113.php
Philippe, un commerçant de la galerie, relativise l’ampleur du phénomène. « Il y a eu beaucoup de bruit, mais personne n’a été violenté, à part la personne qui tenait le magasin. Moi, à aucun moment je ne me suis senti en danger. »
http://www.leparisien.fr/sarcelles-9520 ... 382797.php
Un homme de 85 ans a été violenté, samedi à Versailles, par un duo de faux plombier et faux policier.
http://www.leparisien.fr/versailles-780 ... 713067.php
En revanche, l'un de ses complices -- non identifié -- n'a pas hésité à menacer la femme de viol s'il n'obtenait pas de l'argent. Cette dernière a reçu des coups de crosse derrière la nuque, son compagnon a été violenté. L'équipe s'empare de 420 €... qu'elle oublie sur place.
http://www.leparisien.fr/espace-premium ... 495163.php

Leclerc92
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Message par Leclerc92 » sam. 09 mars 2019, 9:28

Notez que, dans ces exemples, la notion d'obtenir par la force n'est pas absente.

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Message par LMMRM » lun. 11 mars 2019, 0:07

Bogue.
Dernière modification par LMMRM le lun. 11 mars 2019, 0:12, modifié 1 fois.

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Message par LMMRM » lun. 11 mars 2019, 0:11

Rebogue.

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Message par LMMRM » lun. 11 mars 2019, 0:21

Pour être complet.
J'ai oublié de signaler les occurrences au féminin, toujours sans rapport avec le viol ; c’est donc que le sens euphémistique de violenter s’est perdu — ainsi que le sens ancien. Voici trois exemples parmi d’autres, issus de Leparisien.fr, de Lefigaro.fr et de Lemonde.fr.
1. — [Titre] Paris : la femme violentée est décédée, son compagnon incarcéré
[Texte] [... ] La victime avait été transportée dans un état grave à l’hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine). Son compagnon, soupçonné de l’avoir frappée à plusieurs reprises en état d’ivresse a été mis en examen pour meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/p ... 932267.php
2. — [Titre] Une journaliste violentée au Trocadéro
[Texte] Une journaliste de Mediapart aurait été violentée par des militants lors du meeting UMP du Trocadéro cette après-midi, a révélé le site d’information. "Je dépose plainte contre X pour les faits relatés", a expliqué Marine Turchi sur le site de son employeur, relate Europe 1 qui a eu accès à l’article.
[...] Marine Turchi explique qu’elle aurait été bousculée, "traitée de sale gauchiste". Un homme lui aurait arraché son badge qu’elle portait autour de son cou. Et aucun militant présent ne serait intervenu pour l’aider.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/ ... ng-ump.php
3. — Cette nuit-là, la jeune Brésilienne fut droguée, violée et violentée.
https://www.lemonde.fr/ameriques/articl ... _3222.html

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » lun. 18 mars 2019, 18:13

Jean-Luc a écrit :* "et est" Voilà ici (voici), un exemple parfait de paronymes :wink: :wink: n'est-ce pas, André ?
Je ne crois pas ! « Et » et « est » ne sont évidemment pas non plus homonymes lorsqu'ils sont prononcés correctement : [e] pour le premier, [ɛ] pour le second. Le commun des mortels ressent probablement une similitude entre [e] (et) et [ɛ] (est, haie, ait...), le scientifique les distingue de la même manière qu'il différencie [o] (Oh !) et (« y » dans « j'y vais »).
Je ne pense pas qu'on puisse parler de paronymes à propos de mots comportant un seul phonème, que je n'imagine qu'homonymes (« a » et « à », « ou » et « où »...) ou strictement différents dans leur prononciation (« a » et « y »).
On parle souvent de paronymes à propos de vocables d'au moins deux syllabes comportant trois phonèmes ou plus (flou et clou, bride et bribe, désaffecté et désinfecté...), me semble-t-il. Mais parfois ce genre de considération peut concerner des mots composés de deux phonèmes, comme « heurt » et « heure », qui deviennent paronymes si le h initial du premier ou le e final du second sont prononcés, alors qu'ils sont généralement classés parmi les homonymes en français contemporain courant.
La notion d'homonymie me paraît stricte. Pour les paronymes, l'affaire est probablement moins nette.
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

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