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Prolepse et anacoluthe

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Yeva Agetuya
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Message par Yeva Agetuya » mer. 28 févr. 2018, 21:49

Un adverbe complète un verbe : Il n'avait nulle part où aller.

nulle part = adverbe

où = relatif

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Monsieur Pogo
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Message par Monsieur Pogo » mer. 28 févr. 2018, 23:12

Yeva Agetuya a écrit :Un adverbe complète un verbe : Il n'avait nulle part où aller.

nulle part = adverbe

où = relatif
L'adverbe «où» s'emploie comme pronom relatif lorsqu'il est précédé d'un antécédent. Dans votre phrase, l'antécédent est la locution adverbiale «nulle part».

Dans la phrase suivante, «où» est simplement un adverbe de lieu qui complète le sens du verbe «savait» :

Il ne savait où aller.

.
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André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » jeu. 01 mars 2018, 8:45

Yeva Agetuya a écrit :Un adverbe complète un verbe : Il n'avait nulle part où aller.
nulle part = adverbe
où = relatif
Dans « très petit » et « assez salement », les adverbes très et assez ne modifient pas le sens de verbes, mais celui d'un adjectif (petit) et d'un autre adverbe (salement).

« Ne... nulle part » est le contraire de « partout », authentique adverbe. Mais c'est à l'entrée PART (substantif) que le Robert en six volumes et le Larousse mentionnent « nulle part », qu'ils ne qualifient pas de locution adverbiale. De « Il n'avait nulle part où aller », on passe facilement à « Il n'avait nul endroit où aller » : on y voit clairement qu'on a affaire là au nom « part » et à ce qu'on appelle depuis belle lurette, mais pour simplifier, le pronom relatif « où ». On peut comparer ce dernier, en ce qui concerne la simplification dont je viens de parler, à l'article « du », qui, quand on y regarde de près, a valeur à la fois de préposition et d'article véritable (de le) : le pronom relatif « où » vaut « dans lequel », c'est à la fois une préposition (dans) et un authentique pronom relatif (lequel).
« Il n'avait nulle part où aller », donc, est composé d'une proposition principale, « Il n'avait nulle part », et de la subordonnée relative réduite « où aller ». « Réduite », parce qu'un verbe conjugué comme « il aurait pu » y est sous-entendu. Et dans la principale, « nulle part », comme « nul endroit », est COD (sa fonction grammaticale) d'« avait » et antécédent du pronom relatif « où ».

À propos de « où », il ne faut pas confondre :

• « Il y a plusieurs endroits je pourrais aller », « Je n'ai nulle part aller »... et :
• « Je me demande je pourrais aller », « Je ne sais pas du tout aller », « J'ignore il se cache »...

« Demander », « ne pas savoir », « ignorer » introduisent des interrogatives (indirectes) (on en a parlé récemment sur un autre fil). Par conséquent, après ces trois verbes (et quelques autres !), « où » est adverbe interrogatif : en examinant attentivement la principale (Je me demande, Je ne sais pas du tout, J'ignore), on ne trouve aucun nom susceptible de jouer le rôle d'antécédent et la valeur interrogative de notre adverbe est claire si l'on transpose au style direct. Je me demande : « Où pourrais-je aller ? ». « Où aller ? » je ne le sais pas du tout. « Où se cache-t-il ? » je l'ignore.

Dans « Il ne va jamais où on lui dit d'aller », dont on a parlé, personne ne pose manifestement de question : « où » ne peut être alors que pronom relatif et ne saurait, selon moi, que remplacer quelque chose comme « à l'endroit », complément de lieu omis, constitutif, par son absence ! de l'anacoluthe.
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

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Monsieur Pogo
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Message par Monsieur Pogo » ven. 02 mars 2018, 3:08

André (G., R.) a écrit :Dans « très petit » et « assez salement », les adverbes très et assez ne modifient pas le sens de verbes, mais celui d'un adjectif (petit) et d'un autre adverbe (salement).
L'adverbe «très» peut modifier un adverbe ou un adjectif qui désigne une qualité permanente; p. ex.: Vous irez très loin, vous êtes très aimable.

L'adverbe «assez» peut modifier un verbe, un adjectif ou un adverbe; p. ex.: J'ai assez bu, ce barman est assez habile, il travaille assez bien.
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Monsieur Pogo
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Message par Monsieur Pogo » ven. 02 mars 2018, 3:57

André (G., R.) a écrit :
Yeva Agetuya a écrit :Un adverbe complète un verbe : Il n'avait nulle part où aller.
nulle part = adverbe
où = relatif
Dans « très petit » et « assez salement », les adverbes très et assez ne modifient pas le sens de verbes, mais celui d'un adjectif (petit) et d'un autre adverbe (salement).

« Ne... nulle part » est le contraire de « partout », authentique adverbe. Mais c'est à l'entrée PART (substantif) que le Robert en six volumes et le Larousse mentionnent « nulle part », qu'ils ne qualifient pas de locution adverbiale. De « Il n'avait nulle part où aller », on passe facilement à « Il n'avait nul endroit où aller » : on y voit clairement qu'on a affaire là au nom « part » et à ce qu'on appelle depuis belle lurette, mais pour simplifier, le pronom relatif « où ». On peut comparer ce dernier, en ce qui concerne la simplification dont je viens de parler, à l'article « du », qui, quand on y regarde de près, a valeur à la fois de préposition et d'article véritable (de le) : le pronom relatif « où » vaut « dans lequel », c'est à la fois une préposition (dans) et un authentique pronom relatif (lequel).
« Il n'avait nulle part où aller », donc, est composé d'une proposition principale, « Il n'avait nulle part », et de la subordonnée relative réduite « où aller ». « Réduite », parce qu'un verbe conjugué comme « il aurait pu » y est sous-entendu. Et dans la principale, « nulle part », comme « nul endroit », est COD (sa fonction grammaticale) d'« avait » et antécédent du pronom relatif « où ».

À propos de « où », il ne faut pas confondre :

• « Il y a plusieurs endroits je pourrais aller », « Je n'ai nulle part aller »... et :
• « Je me demande je pourrais aller », « Je ne sais pas du tout aller », « J'ignore il se cache »...

« Demander », « ne pas savoir », « ignorer » introduisent des interrogatives (indirectes) (on en a parlé récemment sur un autre fil). Par conséquent, après ces trois verbes (et quelques autres !), « où » est adverbe interrogatif : en examinant attentivement la principale (Je me demande, Je ne sais pas du tout, J'ignore), on ne trouve aucun nom susceptible de jouer le rôle d'antécédent et la valeur interrogative de notre adverbe est claire si l'on transpose au style direct. Je me demande : « Où pourrais-je aller ? ». « Où aller ? » je ne le sais pas du tout. « Où se cache-t-il ? » je l'ignore.

Dans « Il ne va jamais où on lui dit d'aller », dont on a parlé, personne ne pose manifestement de question : « où » ne peut être alors que pronom relatif et ne saurait, selon moi, que remplacer quelque chose comme « à l'endroit », complément de lieu omis, constitutif, par son absence ! de l'anacoluthe.
André (G., R.) a écrit :« Ne... nulle part » est le contraire de « partout », authentique adverbe. Mais c'est à l'entrée PART (substantif) que le Robert en six volumes et le Larousse mentionnent « nulle part », qu'ils ne qualifient pas de locution adverbiale.
Vous devriez parcourir plus attentivement votre Grand Robert ; sous la rubrique «Part», vous y découvrirez la locution adverbiale de lieu «Nulle part», telle que textuellement mentionnée dans la 2e édition :

« Nulle part, loc. adv. (Accompagné d'un adjectif indéfini et formant une locution adverbiale de lieu) ; Nulle part : en aucun lieu (contr. : partout).» (Le Grand Robert de la langue française, 2e édition dirigée par Alain Rey, Paris, Dictionnaires Le Robert, 2001, 6 vol.)
André (G., R.) a écrit :De « Il n'avait nulle part où aller », on passe facilement à « Il n'avait nul endroit où aller » : on y voit clairement qu'on a affaire là au nom « part » et à ce qu'on appelle depuis belle lurette, mais pour simplifier, le pronom relatif « où ».
On ne décompose pas une locution. La locution adverbiale «nulle part» s'analyse d'un seul bloc.

Par ailleurs, depuis belle lurette (sic), «où» est un adverbe :

«Où, adverbe relatif » (GREVISSE, Maurice. Le Bon usage : grammaire française, 7e édition revue 3e tirage, Paris, Gembloux, Éditions Duculot, 1961, § 563., 1156 p.)

«L'adverbe de lieu ''où'' s'emploie comme pronom relatif lorsqu'il a un antécédent» (LAURENCE, Jean-Marie. Grammaire française, Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, c1957, 1967, § 240, p. 330, 565 p.)

« Où est parfois employé sans antécédent : p. ex.: Tu crois avoir raison avec cet argument mais c'est justement où tu te trompes»(Ibid.)

« Où, adverbe de lieu, par glissement, pronom relatif» (HAMON, Albert, -Analyse grammaticale et logique-, éd. Hachette, 1999, p. 182, 219 p.)

Sous la rubrique «Où», voici ce que précise Le Grand Robert:

«REM. Se rapportant à un nom qui le précède (ci-dessous, I), est proprement relatif, puisqu'il représente un nom (antécédent) tout en le reliant à la proposition qui suit. — Construit sans antécédent, où est soit l'équivalent d'une conjonction (ci-dessous, II), soit purement adverbe (ci-dessous, III).

« I Pronom, adverbe relatif. (Sens locatif). Dans le lieu indiqué ou suggéré par l'antécédent ; p. ex: L'endroit où je suis

« II Adverbe (Sens locatif). Dans ce lieu, à l'endroit où… ; p. ex: L'Esprit souffle où il veut. J'irai où vous voudrez. (Précédé d'une préposition) : Je pars d'où il arrive.

« III Adv. interrogatif. Interrogation directe. Où vas-tu ? (…) »
André (G., R.) a écrit :On peut comparer ce dernier, en ce qui concerne la simplification dont je viens de parler, à l'article « du », qui, quand on y regarde de près, a valeur à la fois de préposition et d'article véritable (de le) : le pronom relatif « où » vaut « dans lequel », c'est à la fois une préposition (dans) et un authentique pronom relatif (lequel).
L'adverbe «où» n'est pas une préposition…

L'adverbe «où» est pronom relatif lorsqu'il introduit une proposition. À ce titre, on l'appelle aussi pronom conjonctif.
André (G., R.) a écrit :« Il n'avait nulle part où aller », donc, est composé d'une proposition principale, « Il n'avait nulle part », et de la subordonnée relative réduite « où aller ». « Réduite », parce qu'un verbe conjugué comme « il aurait pu » y est sous-entendu. Et dans la principale, « nulle part », comme « nul endroit », est COD (sa fonction grammaticale) d'« avait » et antécédent du pronom relatif « où ».
Le pronom relatif de lieu «où» ne saurait introduire une subordonnée C.O.D, mais une circonstancielle de lieu (cf. « Il n'avait nulle part où aller »)

Ce que vous baptisez une « subordonnée ''Réduite'' » s'appelle une proposition elliptique

Supposons l'ellipse de la proposition « il aurait pu »:

« Il n'avait nulle part où (il aurait pu ) aller»

«Il n'avait nulle part» : prop. princ.

«nulle part» : locution adverbiale qui modifie le sens du verbe avait

«où (il aurait pu) aller» : subordonnée circonstancielle de lieu, introduite par la conjonction «où»

«où» : pronom adverbial conjonctif, ayant pour antécédent «nulle part» et modifiant «aller»

N.B.: Le pronom relatif est conjonctif : l'analyse souligne que le pronom adverbial «où» équivaut à une conjonction et qu'il modifie «aller» (cf. Aller où? Nulle part)
André (G., R.) a écrit :(…) en examinant attentivement la principale (Je me demande [où je pourrais aller] , Je ne sais pas du tout, J'ignore), on ne trouve aucun nom susceptible de jouer le rôle d'antécédent et la valeur interrogative de notre adverbe est claire si l'on transpose au style direct. Je me demande : « Où pourrais-je aller ? ». « Où aller ? » je ne le sais pas du tout. « Où se cache-t-il ? » je l'ignore.
Vous ne trouvez pas l'antécédent, parce que les adverbes n'en n'ont pas...

«Je me demande où je pourrais aller»

«Je me demande» : prop. princ.

«où» : adv. de lieu, modifiant le verbe «aller» (cf. Je me demande où aller)

«où je pourrais aller» : prop. sub. c.o.d. de la prop. princ. «Je me demande»

(voir infra)
André (G., R.) a écrit :À propos de « où », il ne faut pas confondre :
• « Il y a plusieurs endroits je pourrais aller », « Je n'ai nulle part aller »... et :
• « Je me demande je pourrais aller », « Je ne sais pas du tout aller », « J'ignore il se cache »...
En effet, distinguons l'adverbe de lieu d'avec le pronom relatif :

1) « Il y a plusieurs endroits je pourrais aller »

Dans ce cas-ci, «où» est pronom relatif (ou conjonctif) : il introduit une proposition circonstancielle de lieu

(«où», pronom relatif ayant pour antécédent «endroits», introduit la prop. circ. de lieu «où je pourrais aller » subordonnée à la proposition principale « Il y a plusieurs endroits»)

2) « Je me demande je pourrais aller »

Dans ce cas-là, «où» est un adverbe antéposé à «aller».

«Je me demande» : prop. princ.

«où», adv., modifie le verbe «aller»

«où je pourrais aller» : sub. c.o.d. de la prop. princ.
André (G., R.) a écrit :« Demander », « ne pas savoir », « ignorer » introduisent des interrogatives (indirectes) (…) Par conséquent, après ces trois verbes (…), « où » est adverbe interrogatif (…)
Les verbes et les adverbes n'introduisent pas les propositions : ils n'assurent ni la coordination ni la subordination.

Dans « Demander ''où'' », « ne pas savoir ''où'' » et « ignorer ''où''» l'adverbe «où» modifie le verbe auquel il se rapporte et, le cas échéant, l'adverbe conjonctif «où» introduit une proposition subordonnée circonstancielle de lieu:

«Où allez-vous ?» (interrogation directe ; simple adverbe)

Dans l'interrogation indirecte, «où» est un adverbe conjonctif :

«Je ne sais où il va» (Je ne sais / il va où) (i.e. «où»modifie le verbe «va» et il introduit la subordonnée) :

«Je ne sais» : prop. princ.

«où» : adverbe conjonctif, introduit la sub. circ.. de lieu, antéposé modifie le v. «va»

«où il va» : prop. sub. circ. de lieu
André (G., R.) a écrit :Dans « Il ne va jamais où on lui dit d'aller », dont on a parlé, personne ne pose manifestement de question : « où » ne peut être alors que pronom relatif et ne saurait, selon moi, que remplacer quelque chose comme « à l'endroit », complément de lieu omis, constitutif, par son absence ! de l'anacoluthe.
« Il ne va jamais où on lui dit d'aller » (cf. Il va où on lui dit d'aller)

Dans cette phrase, «où» est un adverbe conjonctif antéposé qui modifie le verbe «aller» et qui introduit une subordonnée circonstancielle de lieu ; «où» n'a aucun antécédent et la phrase ne présente aucune rupture (Voir infra «Adv. ''où''» et N.B.) :

«Il ne va jamais» : prop. princ.

«où» : adv. de lieu, modifiant le verbe «aller» (cf. on lui dit d'aller où / Il ne va jamais)

«où on lui dit d'aller» : prop. sub. circ. de lieu


« II Adv. 1 (Sens locatif). Dans ce lieu, à l'endroit où… J'irai où vous voudrez. (...) » (Le Grand Robert)

N.B.: En ce qui touche la terminologie qui varie d'une grammaire à l'autre, l'adverbe relatif «où», le pronom relatif «où» ou le pronom conjonctif «où» c'est la même chose. Par ailleurs, certains ouvrages rangent la circonstancielle de lieu avec les relatives ; «Certains grammairiens considèrent le mot subordonnant comme un pronom relatif sans antécédent.» (Le Bon usage)

.

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Dernière modification par Monsieur Pogo le sam. 03 mars 2018, 0:52, modifié 6 fois.
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André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » dim. 04 mars 2018, 9:20

Je lis dans un article de journal concernant la République démocratique du Congo :
Tirant à balles réelles sur les manifestants désarmés, au moins quinze personnes avaient été tuées...
Or le reste du texte montre clairement que les quinze personnes tuées, on s'en doutait, faisaient partie des manifestants : ce n'étaient pas elles qui tiraient à balles réelles.
J'essaie, maladroitement, de supprimer l'anacoluthe, en gardant les mots d'origine :
Tirant à balles réelles sur les manifestants désarmés, les forces de l'ordre en étaient arrivées à ce qu'au moins quinze personnes avaient été tuées...
Certaines anacoluthes me gênent moins que d'autres. Celle-là fait partie de celles que je supporte le plus mal.
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

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Perkele
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Message par Perkele » dim. 04 mars 2018, 9:26

C'est une faute de construction qui peut entraîner une grave incompréhension. Je me souviens d'une réclame de pâtes alimentaires qui laissait imaginer que c'était les pâtes qui cuisaient les grand-mères depuis des lustre dans la région.

La formulation exacte ne me revient pas, mais elle était calquée sur cette construction.

Et c'est une faute qu'on a du mal à faire reconnaître parmi des apprenants adultes qui l'utilisent régulièrement. Il ne faut pas chercher plus loin la source de certains conflits.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

oliglesias
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Message par oliglesias » dim. 04 mars 2018, 12:46

Comprendraient-ils mieux ces apprenants adultes si nous déplacions "tirant à balles réelles" après le verbe ?

A savoir:

Au moins quinze personnes avaient été tuées tirant à balles réelles sur les manifestants désarmés.

Il est peut-être plus clair avec cet ordre-là que l'on ne peut interpréter cette phrase que d'une seule manière: alors qu'elles tiraient à balles réelles sur les manifestants, 15 personnes ont été tuées.

Evidemment, la logique et le monde réel font qu'on ne peut interpréter que d'une seule manière: ce sont bien 15 manifestants qui ont été tués par des "personnes" qui tiraient à balles réelles.

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » dim. 04 mars 2018, 13:21

Figurez-vous que dans l'article dont je ne cite qu'une phrase, ne figure même pas le « sujet » de « tirant ». C'est moi qui ai introduit « les forces de l'ordre », dont il me paraît difficile de se passer si l'on veut améliorer l'intelligibilité et la grammaire de la phrase. Peut-être le journaliste aurait-il dû formuler ainsi : Les forces de l'ordre, tirant à balles réelles sur les manifestants désarmés, avaient tué au moins quinze personnes...
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Leclerc92
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Message par Leclerc92 » dim. 04 mars 2018, 18:54

Je ne sais si vous avez lu la phrase dans Ouest-France, mais l'article en ligne a dû être modifié depuis, puisqu'on y lit maintenant :
En République Démocratique du Congo, des manifestations pacifiques sont réprimées par le régime, les forces de l'ordre tirant à balles réelles sur des manifestants désarmés. Plus de quinze personnes ont ainsi été tuées depuis décembre.
https://www.ouest-france.fr/reflexion/e ... re-5602679

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » dim. 04 mars 2018, 21:16

Je trouve un peu curieux de me sentir obligé de prouver ma bonne foi. Mais la vérité importe. Manifestement, la version en ligne et celle sur papier sont différentes. Ne voyant aucun moyen technique de fournir ici la seconde d'une autre manière, je la copie :

Editorial par Jeanne Emmanuelle Hutin
RD CONGO, l'Église contre la dictature
« Nous marchons pour mettre fin à la dictature », expliquait à La Croix Léonnie Kandolo du Collectif catholique congolais à la veille de la 3e marche pacifique de dimanche dernier, en République Démocratique du Congo. À la sortie des églises du pays, munis de leurs bibles, de leurs chants et de leur courage, les manifestants ont une troisième fois bravé la répression sanglante du régime.
Deux personnes ont été tuées, une cinquantaine blessées, plus d'une centaine arrêtées. « Que le gouvernement continue de réprimer des manifestations pacifiques qui ne font qu'exercer un droit constitutionnel, c'est incompréhensible et révoltant ! » dénonçait Mgr Fridolin Ambongo, l'archevêque coadjuteur de Kinshasa, la capitale. Tirant à balles réelles sur les manifestants désarmés, au moins quinze personnes avaient été tuées lors des deux premières marches, fin décembre et fin janvier. L'indignation est immense. Des enquêtes sont demandées.
Pourquoi l'Église catholique est-elle engagée au côté du peuple ? Des prêtres, interviewés par Radio France International, répondent qu'ils ne supportent plus de voir « le peuple courbé sous la misère. Nous nous sommes levés non avec les armes mais avec l'amour du pays, de la population, avec nos bibles, nos chapelets, nos prières [...] Soit on est complice de l'injustice, soit on décide de ne plus se taire. [...] On ne peut se laisser dominer par la peur. C'est pour la vérité que les gens décident de marcher. »
La République Démocratique du Congo, si riche en minerais et si vaste, est en proie depuis plusieurs années aux troubles et à la misère. C'est « une prison à ciel ouvert », déclarait récemment le cardinal Monsengwo. Le pays s'enfonce dans la violence. Dans son rapport, Amnesty International dénonce des milliers de morts et le déplacement d'un million de personnes. L'Unicef déplore le sort de 90 000 enfants déplacés ou réfugiés. La souffrance du peuple est immense. La liberté d'expression se réduit.
La protestation de l'Église a des conséquences politiques. Médiatrice des accords de la Saint-Sylvestre, elle proteste car ils n'ont pas été respectés. Ils prévoyaient des élections en décembre 2017, le mandat du Président Kabila étant arrivé à son terme en 2016. La constitution lui interdit de se représenter. L'Église veut que le Droit soit respecté et que prennent fin le mensonge et la corruption. Une large coalition de différents mouvements l'a rejoint.
Ce pays est oublié. Et pourtant, il faut être attentif à ce mouvement populaire qui, courageusement, dépasse ses peurs pour refuser l'arbitraire, la misère et la corruption. Il porte l'espoir de faire entrer la République Démocratique du Congo dans une nouvelle étape de son développement. La Belgique l'a bien compris, qui a déjà arrêté de verser l'aide au développement au pouvoir en place, pour la diriger vers la société civile, choisissant ainsi le parti du peuple et de la liberté contre l'oppression. Alors, ne détournons pas le regard.


Je laisse à chacun le soin de comparer les deux versions.
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Message par Perkele » lun. 05 mars 2018, 6:58

Sans doute nous a-t-on lu entre temps ;-)
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

Leclerc92
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Message par Leclerc92 » lun. 05 mars 2018, 8:18

André, votre bonne foi n'est pas en cause. Je signalais simplement que dans la version en ligne, la formulation me semblait correcte et je supposais qu'on avait modifié l'agencement de la phrase, peut-être à la suite d'une observation de lecteur ou parce qu'on vous avait lu, comme le suggère Perkele.
Mais en y regardant de près de nouveau ce matin, je m'aperçois que la version en ligne paraît bien semblable à celle que vous avez pris la peine d'écrire et elle contient toujours la phrase litigieuse à la fin du deuxième paragraphe. Ce qui change, et m'a fait pensé à une correction, c'est que l'édition en ligne est surmontée d'un chapeau qui contient la version correcte que j'ai citée plus haut. Je ne sais pas si ce chapeau est aussi présent dans la version papier. 

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » lun. 05 mars 2018, 14:26

Tiens, je serais curieux de savoir si ce lien fonctionne, pour une édition que j'essaie de publier le lendemain de sa parution : aucune difficulté pour moi. L'éditorial se trouve à la page 3.
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Message par Claude » lun. 05 mars 2018, 14:41

J'accède bien à Ouest-France mais il n'y a qu'une page composée de fenêtres permettant divers accès. Peut-être qu'il faut être abonné.
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