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Claude
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Message par Claude » mar. 29 avr. 2014, 8:01

Je regrette avoir choisi l'allemand lors de mon entrée au collège, d'autant plus que cette langue fait partie de celles, européennes, qui sont les moins parlées sur la planète si je ne me trompe pas.
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Jacques
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Message par Jacques » mar. 29 avr. 2014, 8:45

Il ne faut rien regretter. Si on veut se placer sur un plan pratique, on disait il y a déjà une vingtaine d'années que la langue à apprendre c'était le chinois. Les faits semblent confirmer, car les Chinois sont devenus des touristes qui dépensent sans compter.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » mar. 29 avr. 2014, 9:34

S'agit-il, Claude, uniquement de votre choix ou vos parents y furent-ils pour quelque chose ?
Vous avez peut-être, comme moi, renoncé aussi à l'anglais comme deuxième langue vivante étrangère et opté pour le russe. À moins que vous soyez passé à l'espagnol.
Avoir des connaissances en anglais ne peut nuire, c'est bien certain.
Comme enseignant, j'ai promu l'allemand non pas dans le cadre d'une rivalité avec l'anglais, mais en insistant sur la complémentarité des deux langues : un enfant qui commence par l'allemand et aborde l'anglais deux ans plus tard, s'il poursuit ses études secondaires jusqu'au baccalauréat, peut avoir dans la langue de Shakespeare, à dix-huit ans, y compris grâce à certaines ressemblances des deux langues, les mêmes connaissances que ceux qui ont abordé l'anglais en sixième. Ce fut le cas de mon fils, qui vit aux États-Unis d'Amérique. Il ne travaille qu'en anglais. Sa femme américaine est professeur de français, l'unique langue utilisée au foyer. Je pourrais parler aussi d'un neveu qui a travaillé à Berlin pendant quatre ans et n'aurait pas pu le faire s'il n'avait pas appris l'allemand.
Vous-même, Claude, n'habitez pas loin de pays germanophones. Et allez savoir : votre intérêt pour notre langue n'est-il pas dû aussi à votre apprentissage de l'allemand ? L'utilité d'une langue est difficile à cerner, sauf, bien entendu, si l'on est amené à vivre ou à voyager dans le pays qui la parle.
L'allemand n'a effectivement pas le caractère international que présentent l'anglais, l'espagnol et le français. Mais c'est la langue la plus parlée dans l'Union européenne.
« Personne n'a jamais douté de l'homonymie d'heure et heurt » : celui qui conclut ainsi un échange qu'il a lancé, en parlant sans restriction du « paronyme heurt » d'« heure », MENT et MÉPRISE son interlocuteur.

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Message par Islwyn » mar. 29 avr. 2014, 10:28

Jacques a écrit :[Je donne toujours un exemple plus original, de mon cru : my sister's hat is larger than my uncle's garden (le chapeau de ma sœur est plus grand que le jardin de mon oncle).
:D Là nous tombons dans le surréel !
Quant à la question de Claude, vous remarquerez que j'ai donné la traduction avant de citer l'exemple (oui, je n'ai pas oublié la consigne). :?
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Message par Jacques » mar. 29 avr. 2014, 10:56

Vous avez bien rempli votre devoir, mais Claude, faute de déchiffrer le parler anglo-saxon, n'avait pas fait le lien.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Message par Claude » mar. 29 avr. 2014, 11:42

Islwyn a écrit :Vos réflexions me rappellent une des premières phrases françaises que j'ai apprises aux lycée : « la plume de ma tante est sur le bureau de mon oncle », et ce pour nous accoutumer à l'expression de la possession en français (là où en anglais on dira « my aunt's pen is on my uncle's desk »). [...]
Je m'explique : je pensais que la phrase en anglais était loin de traduire textuellement celle en français, notamment dans la possession. :wink:
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Message par Claude » mar. 29 avr. 2014, 11:47

André (G., R.) a écrit :S'agit-il, Claude, uniquement de votre choix ou vos parents y furent-ils pour quelque chose ? [...]
C'était mon choix car je ressentais la prononciation de l'allemand comme virile et celle de l'anglais molle (j'avais 14 ans :D).
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Message par Islwyn » mar. 29 avr. 2014, 14:35

Dans mon lycée (anglais), bien que tout le monde fît du français (et du latin) jusqu'en quatrième, et les plus forts jusqu'en deuxième et même jusqu'en terminale, l'allemand fut réservé aux scientifiques (dont je ne fus pas du nombre) et ce uniquement en pré-bac. Il ne fut pas tenu pour paradoxal que le « maître » d'allemand eût pour occupation principale l'enseignement de la menuiserie... :o
Dernière modification par Islwyn le mar. 29 avr. 2014, 18:41, modifié 1 fois.
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Message par Jacques » mar. 29 avr. 2014, 15:30

L'allemand est peut-être particulièrement indiqué pour la langue de bois, ce qui expliquerait ce choix ?
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Message par André (G., R.) » mer. 07 nov. 2018, 9:22

À la page 1 de ce fil, Jacques a écrit : Récemment, dans un autre feuilleton, une femme disait : « J’espère que vous serez confortables dans cette chambre » ; plusieurs fois, dans de semblables situations, c’était : « Je vous laisse, faites-vous confortable ». Transcription littérale de l’anglais make yourself comfortable qu’on m’a enseigné à traduire par mettez-vous à l’aise ou faites comme chez vous. Comment l’incongruité, l’aberration de ces formules grotesques peuvent-elles échapper à des professionnels de la traduction ? Ce n'est même pas une question de connaissances, mais de simple bon sens.
Bernard PIVOT, sur une radio : « Faut pas être trop confortable pour lire ».
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Message par Leclerc92 » mer. 07 nov. 2018, 10:10

Je note dans le TLF :
B.− [En parlant d'une pers.] Qui se sent bien là où elle est, et dans l'état dans lequel elle se trouve. Il n'y a que là que je me sente réellement confortable (Claudel, Un Poète regarde la Croix,1938, p. 246):
4. Mes yeux s'amollissent, ça me plaît, on dirait qu'on les a trempés dans l'eau et tout mon corps est confortable. J.-P. Sartre, Le mur,1939, p. 99.
Dès le départ, "confortable" est un anglicisme, relativement récent d'ailleurs. L'Académie française rappelle ceci :
Certains emprunts contribuent à la vie de la langue, quand le français n’a pas d’équivalent tout prêt ni les moyens d’en fabriquer un qui soit commode, quand ils répondent à un besoin, et quand leur sens est tout à fait clair. C’est ainsi que Nodier, cité par Littré, remarquait que « Confortable est un anglicisme très-intelligible et très-nécessaire à notre langue, où il n’a pas d’équivalent. »
http://www.academie-francaise.fr/questions-de-langue
Est-on encore dans ce cas ? Le sens de "confortable" doit-il être figé à la première acception qu'il eut quand nous l'importâmes, ou peut-il continuer d'évoluer comme son modèle anglais ?

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » mer. 07 nov. 2018, 11:22

Merci. Voilà des informations intéressantes, que le Robert DHLF confirme et complète :
CONFORTABLE adj. est emprunté (1786) à l'anglais comfortable «fortifiant, consolant, secourable» (v. 1400), après que celui-ci eut glissé vers les sens de «où l'on se sent à l'aise» (1769) et, pour les personnes, «qui est à l'aise» (1770). Il s'agit là aussi d'une réactivation d'un mot français, l'anglais ayant emprunté comfortable à l'ancien adjectif verbal confortable «qui conforte» (v. 1120), encore employé dans son ancien sens chez Joseph de Maistre (1806-1807). Le français a repris à l'anglais les emplois avec les noms de choses, alors que les emplois où le nom désigne un animé ne se sont jamais répandus et font aujourd'hui figure d'abus.
Je reste donc de l’avis de Jacques.
L'allemand n'applique komfortabel qu'aux « noms de choses ». Mais évidemment, l'évolution éventuelle du mot français ne doit dépendre ni de l'anglais ni de l'allemand ni d'aucune autre langue !
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