Oasis' ou oasi

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angeloï
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Oasis' ou oasi

Message par angeloï » mar. 11 nov. 2008, 6:51

Ce matin j'ai entendu Axel Maugey dire "oasi" au cours de son émission consacrée à la Syrie sur Canal Académie, radio en ligne que je ne saurais trop recommander.

Est-ce licite de laisser tomber le "s" dans la prononciation ?

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Jacques
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Message par Jacques » mar. 11 nov. 2008, 7:46

La faute courante au sujet de ce mot est de le mettre à tort au masculin. Voilà donc une innovation. Il est obligatoire de faire entendre le S.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Claude
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Message par Claude » mar. 11 nov. 2008, 8:37

Lors de la réforme de l'orthographe, on aurait pu le transformer en oasisse ; ainsi le féminin eût été plus évident et le S prononcé naturellement.
Encore eût-il fallu connaître sa nouvelle orthographe. :wink:

gerhec
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une oasis villa Médicis

Message par gerhec » mer. 12 nov. 2008, 11:33

Merci , comme cela, je me rappellerai mieux le genre de ce mot :
une oasis

Tenez!
J'ai entendu à la radio, quelqu'un dire Villa Médici
(en Italien famille Medici) :
peut -être pour ne pas confondre avec midi six???

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Jacques
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Message par Jacques » mer. 12 nov. 2008, 11:36

Je ne garantis évidemment rien, mais je crois qu'en italien on prononce méditchi. Pourquoi en français n'avons-nous pas gardé l'orthographe italienne de Medici ?
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Jacques
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Message par Jacques » mer. 12 nov. 2008, 11:37

Claude a écrit :Lors de la réforme de l'orthographe, on aurait pu le transformer en oasisse ; ainsi le féminin eût été plus évident et le S prononcé naturellement.
Encore eût-il fallu connaître sa nouvelle orthographe. :wink:
Claude, vous encourez les foudres de l'Académie, qui n'a pas voulu qu'on parle de réforme, mais de régularisations orthographiques. Et elle a l'air d'y tenir.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Claude
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Message par Claude » mer. 12 nov. 2008, 11:52

Il ne me reste plus qu'à caresser l'espoir que l'Académie ne vienne pas mettre son nez dans le forum. Et si mon espoir est déçu, je prie les Immortels de bien vouloir accepter mes plates excuses.

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Jacques
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Message par Jacques » mer. 12 nov. 2008, 12:34

Encore une expression curieuse : pourquoi des excuses sont-elles plates ?
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Message par Claude » mer. 12 nov. 2008, 13:13

Votre observation a attisé ma curiosité ; le TLF dit ceci :

[En parlant d'actes, d'attitudes, de paroles] Qui dénote le manque de dignité, la servilité. Faire de plates excuses.

Cette explication est proche de ce que je pensais, à savoir s'abaisser, s'aplatir devant la personne, raser le sol, en somme se faire tout petit.

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Message par Jacques » mer. 12 nov. 2008, 13:21

Franchement, je n'avais pas pensé à ces explications. Mais en fait je réalise que la platitude s'emploie dans plusieurs expressions où il est question de s'abaisser ou de s'humilier.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son $$$ (MONTAIGNE).

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Message par Dame Vérone » mar. 06 avr. 2010, 17:16

Si l'on est renseigné sur la prononciation du "s" final du mot oasis, je me pose une question identique concernant le "s" final de certains prénoms:

Ce "s" final n'est pas prononcé pour Denis, Louis... mais il l'est dans Régis, Clovis... On entend parfois le "s" d'Alexis, et parfois non;
Les prénoms en "as" semblent présenter la même difficulté puisque l'on tait le "s" de Nicolas, de Gildas... mais pas celui de Matthias...
Y a-t-il une logique ? Merci à qui m'instruira

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Message par Jacques-André-Albert » mar. 06 avr. 2010, 20:06

Les consonnes finales, toujours prononcées au moyen-âge, se sont amuïes au cour des siècles suivants. On peut voir les traces de la prononciation des consonnes finales dans les langues qui nous ont emprunté des mots à l'époque médiévale : les Anglais disent tennis, d'après tenez, les Bretons nous ont emprunté Jacques, devenu Jakes (jakess). Je suppose que les prénoms qui étaient courants à la fin du moyen-âge ont perdu l's final comme les noms communs, les autres ayant peut-être fait leur entrée dans la langue plus tardivement avec leur s final.
Dans le dictionnaire des noms et prénoms d'Albert Dauzat (Larousse), Alexis est présenté comme courant au moyen-âge, ce qui confirme mon hypothèse. Gildas et Régis ne sont même pas cités, Matthias non plus (je pense que c'est une forme allemande de Mathieu ; Clovis est d'usage récent, c'est un doublet de Louis, ce dernier étant seul usité au moyen-âge.

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Perkele
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Message par Perkele » mer. 07 avr. 2010, 6:25

Mais ce bon roi Clovis dont la fière allure sur son bouclier m'avait séduite en classe de onzième...
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

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Message par Dame Vérone » mer. 07 avr. 2010, 8:51

Merci pour ces réponses qui prouvent qu'il y a bien une explication ;
y en a-t-il une aussi pour "hélas" et "je suis las" avec le "s" final du premier prononcé au contraire de l'autre ?

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Message par Jacques-André-Albert » mer. 07 avr. 2010, 9:07

La première qui me vient à l'esprit est la nécessité de distinguer des paires pouvant prêter à confusion :
Hélas avec hé ! là !
Las avec lasse.
Je viens de vérifier dans le Tlfi
La restitution de s final est due à la prononc. affective et à la confusion entre le fém. et le masc. qui ne sont plus distingués dans le mot devenu une interj. L'a. fr. se servait de : hélasse au fém.

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