Lexique de nos régionalismes

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Perkele
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Message par Perkele »

A mon avis, c'est à prendre comme un adverbe, comme le contraire de très espacés.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
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Claude
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Message par Claude »

Je partage le même avis que Perkele. Imaginez le néologisme sous-entendu espacer drument !
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Dame Vérone
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Message par Dame Vérone »

Le dictionnaire signalant que le mot dru est d'origine gauloise, est-il de la même famille que druide ?
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Perkele
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Message par Perkele »

Dame Vérone a écrit :Le dictionnaire signalant que le mot dru est d'origine gauloise, est-il de la même famille que druide ?
Il ne semble pas...
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
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Claude
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Message par Claude »

C'est possible ! Le gui peut être espacé dru ; c'est du Guy Drut (oui, bof !)
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Perkele
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Message par Perkele »

De ces heures-ci, on fait ce qu'on peut, M"sieu Claude.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
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Jacques-André-Albert
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Message par Jacques-André-Albert »

Dame Vérone a écrit :Le dictionnaire signalant que le mot dru est d'origine gauloise, est-il de la même famille que druide ?
Selon Xavier Delamarre, auteur d'un dictionnaire de la langue gauloise, le mot druide, *druis au nominatif singulier, *druides au pluriel, se décompose en dru-wis :
- la première partie représente l'arbre, le chêne (forme non abrégée deruos), c'est à dire l'arbre cosmique qui relie le monde souterrain, le monde de la surface et le monde céleste.
- la seconde partie a la même origine que le latin videre, voir, et que l'allemand wissen, savoir.
Le druide, c'est donc celui qui voit, qui connaît le monde et l'interprète.

L'adjectif dru vient, lui, du gaulois drutos qui avait le sens de fort, exubérant et même vaillant.
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Dame Vérone
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Message par Dame Vérone »

C'est fort intéressant, JAA, tous ces renseignements et je vous remercie beaucoup pour les découvertes que vous me faites faire : vous êtes un peu druide, non ?
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Claude
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Message par Claude »

Il ne vous répondra pas avant ce soir ; il descend de son arbre au coucher du soleil.
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Jacques-André-Albert
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Message par Jacques-André-Albert »

L'écourue, dans l'ouest de la France, est l'opération qui consiste à ouvrir certains barrages sur les rivières pour mettre des biefs à sec.
Le mot est utilisé dans les vallées de la Mayenne, de la Sarthe, du Loir et de leurs affluents. En ancien français, escorre signifiait décroître, se vider, en parlant des liquides : un estang escoru était un étang vidé.
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grumpythedwarf
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Message par grumpythedwarf »

Madame de Sévigné a écrit :Une expression que nous n'employons jamais :
"A quelle heure est-ce que vous êtes rendus ?"

La première fois que je l'ai entendue, dans mon enfance, je n'ai l'ai pas comprise. Est-ce un régionalisme ?
Les québécois l'utilisent encore courament.
"Le cynisme est ce qui ressemble le plus à la clairvoyance". François Mauriac.
Roméo31
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Message par Roméo31 »

Jacques-André-Albert a écrit :Il ne faut pas opposer France, Suisse et Belgique : les usages sont beaucoup plus morcelés.
Chicon pour endive est aussi utilisé dans le nord de la France.
Pour ce qui est des noms de repas, le linguiste breton François Falc'hun a montré dans son livre « perspectives nouvelles sur l'histoire de la langue bretonne », que les déplacements de sens de dîner à déjeuner et de souper à dîner ont eu lieu dès l'époque gallo-romaine, les variations de sens s'étant opérés également en Bretagne sous l'influence romaine (on a, en Bretagne, des zones où le même mot merenn, du latin merenda, désigne le petit déjeuner alors qu'ailleurs il représente le déjeuner de midi).
D'autre part, l'observation de l'atlas linguistique de la France de Gilliéron et Edmont (paru entre 1902 et 1910) montre une plus grande variété d'appellations qu'une opposition binaire Paris/province : pour le goûter (repas vers 16 heures), sur la carte 657, on relève goûter, gousta, gouti, gouto, brespalia, espartina, meranda, la petite collation, le petit resouna, nona.
Exemples de variabilité des noms de repas sur l'atlas linguistique de Gilliéron et Edmont :
François Falc'hun a écrit :La comparaison de deux cartesde l'ALF, 385 « déjeuner » (faire le repas de midi) et 657 « goûter » (faire un repas vers quatre heures), montre une répartition instructive des sens modernes d'un ancien merendare, dérivé de merenda, d'où vient le breton merenn. Trois régions très distantes l'une de l'autre, et assez également distantes de Lyon, d'abord les hautes vallées de la Marne, de la Meuse et de la Moselle, ensuite des vallées alpestres aux confins de l'Italie, enfin la région de Périgueux au sud-ouest du Massif Central, ont conservé le sens primitif de « goûter ». Le sens plus récent de « repas de midi » est attesté plus près de Lyon, dans une région qui s'étale largement de part et d'autre de la Saône entre Mâcon et Chalon, et dans le Massif Central au nord-est de l'aire périgourdine précédemment signalée. La persistance du sens de « goûter » sur le versant italien des Alpes, et la distribution des différentes aires sémantiques autour de Lyon, suggèrent impérieusement que le nouveau sens n'a pu être propagé que par cette métropole.
Dans le domaine franco-provençal, et au sud de la Wallonie, « goûter » se dit souvent « faire le quatre heures »... D'autre part, aux confins de la Suisse romande et de la Suisse alémanique, c'est à dire dans une des régions les plus conservatrices du domaine franco-provençal, « goûter » se dit nona, de nonare, dérivé du latin (hora) nona, « trois heures de l'après-midi » pour les Romains. Maisn dans une des localités, le point 71, nona signifie « prendre le repas de midi »...
On voit que les variations lexicales et sémantiques sont un phénomène complexe et ancien, et que la consultation des atlas linguistiques est extrêmement instructif.
Dans l'Agenais (peut-être au-delà), on dit (on disait ?) : "faire collation" pour "faire quatre heures".
André (G., R.)
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Message par André (G., R.) »

Dans ma Sarthe natale, « faire l'amour » signifiait dans les années cinquante (signifie encore aujourd'hui ?) se bécoter. Je n'ai pas la réponse à la question que je me suis posée plus tard de savoir si c'était pour les adultes une manière de retarder chez les enfants la compréhension de l'acception sexuelle de l'expression. Il me semble plutôt, sans aucune certitude, que « faire l'amour » avait aussi ce sens atténué dans la bouche des « grandes personnes » et qu'elles utilisaient d'autres verbes pour les choses plus... sérieuses !
Dernière modification par André (G., R.) le dim. 12 juin 2016, 17:55, modifié 1 fois.
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Islwyn
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Message par Islwyn »

Il peut s'agir d'une évolution assez récente, comme on voit par exemple en anglais : si to make love = faire l'amour a de nos jours un sens surtout sexuel, il n'y a pas si longtemps qu'il signifiait plutôt faire la cour à qn (sens marqué maintenant « démodé »).
Quantum mutatus ab illo
André (G., R.)
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Message par André (G., R.) »

Tiens, tiens ! Il y aurait donc eu une évolution comparable dans les deux langues... Par contre il ne me semble pas que Liebe machen (faire l'amour) ait pu signifier en allemand se bécoter (sich abküssen) ou faire la cour (den Hof machen).
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