Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Bonsoir.
Plus d'une fois, j'ai été tenté d'user de rime dans ma prose. On dit que cest mal. Pourquoi donc ?
Plus d'une fois, j'ai été tenté d'user de rime dans ma prose. On dit que cest mal. Pourquoi donc ?
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- Hippocampe
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Re: Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Qui dit que c'est mal ? c'est n'importe quoi, cette idée.
Car le feu s'est éteint, les oiseaux se sont tus et Ceinwen est partie.
Re: Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Pas de rime dans la prose ? Pourtant, certains l'osent ? Est-ce que les gens glosent ? Nous sommes peu de chose.
Re: Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Je suppose que c'est le moment où je dois dire d'où m'est venue cette idée.
Eh bien, je ne m'en souviens pas.
J'ai lu ça quelque part, dans un livre plutôt sérieux qui parlait de Style.
Je précise qu'il ne s'agit pas ici de faire de la prose rimée comme on ferait de la poésie en prose.
Je parle de glisser de temps en temps (notamment dans des passages descriptifs ou remémoratifs) une ou deux rimes.
Exemple :
Non loin des constructions fermières, s’étendaient des rangés de figuiers de barbarie. Remparts crénelés qui en plus d’offrir leur baies sucrés à leur propriétaires, pointaient vers les regards interdits, leur épines délétères.
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- Perkele
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Re: Pas de rimes en prose. Pourquoi?
"Tout ce qui est prose n'est point vers ; et tout ce qui n'est point vers n'est point prose. " Molière
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
Re: Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Je viens de lire (avec attention) cette citation de Molière et j'avoue ne pas comprendre.
P = (non V) et (non V) = (non P)
ceci implique que P = (non P)
ce qui est une antilogie.
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Re: Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Bien sûr, parce que c'est la formule sottement reprise par le Bourgeois gentilhomme, monsieur Jourdain, qui fait la leçon à Nicole, alors que son professeur de philosophie lui a enseigné :
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE : Non, Monsieur : tout ce qui n’est point prose est vers ; et tout ce qui n’est point vers est prose.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE : Non, Monsieur : tout ce qui n’est point prose est vers ; et tout ce qui n’est point vers est prose.
Re: Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Leclerc92 a écrit : ↑sam. 08 nov. 2025, 13:07 Bien sûr, parce que c'est la formule sottement reprise par le Bourgeois gentilhomme, monsieur Jourdain, qui fait la leçon à Nicole, alors que son professeur de philosophie lui a enseigné :
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE : Non, Monsieur : tout ce qui n’est point prose est vers ; et tout ce qui n’est point vers est prose.
Merciiii !
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claude_ferrandeix
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Re: Pas de rimes en prose. Pourquoi?
Je plussoie sur l’opportunité des homophonies en prose poétique, que l’on peut étendre au genre romanesque lorsqu’il exprime une dimension poétique. Néanmoins, je préconise plutôt le terme d’homophonie ou allitération car la rime s’inscrit dans un cadre métrique, ce qui n’est pas le cas en prose, même si à la limite on peut considérer les syntagmes comme constituant de l’hétérométrie (comparablement aux fables de La Fontaine). De surcroît, la rime, en poésie, précède (en principe) un arrêt temporel qui marque la fin du vers.
J’ajouterai que l’intérêt des homophonies est justement qu’ellles se dispensent d’arrêt temporel, ce qui accroit l’effet homophonique (comparablement à une rime léonine (rime à l’hémistiche que se pratiquait au Moyen Âge). L’effet rimique, au contraire, est nettement sensible jusqu’à l’hexasyllabe, au-delà c’est plus incertain. L’intérêt des homophonies en prose est de pouvoir se réaliser entre des syntagmes très courts, voire des mots consécutifs. Un autre intérêt est d’utiliser beaucoup plus la correspondance syntaxique et sémantique (effet pseudo-synonymique), par exemple faire correspondre des participes présents, ce qui crée une “justification” de l’effet synonymique. Je vous donne un exemple que j’ai pratiqué dans ma pièce théâtrale (en écriture euphonique; coupe sans pause représentées par une barre en exposant après un mot). Le résultat peut être naturellement critiquable:
“Toujours ce paysage uniforme. Toujours ce bosquet immobile' immuable. Des fûts, des houppiers' des rochers. L’on croirait qu’ici le temps se morfond, glué dans la touffeur des frondaisons, brisé par le rempart des monts. Les fûts, les houppiers' les rochers, rien ne se modifie' rien ne varie. Solitaire en ce lieu' je me lamente. Solitaire en ce lieu, je me tourmente. Nul dans l'univers n'entend ma voix, pas une âme ici ne comprend mon désarroi. Depuis des années, je suis pareillement ce layon, je franchis cette éclaircie... toujours délaissée' toujours attristée. Pour moi, rien ne différencie le présent du passé, le passé de l'avenir. Depuis des années, je me consume ainsi que rose entombée, que rossignol encagé. L’écoulement lancinant des journées' des nuitées, lentement transit mes sens qui n’ont jamais connu de souffrance.”
J’ajouterai que l’intérêt des homophonies est justement qu’ellles se dispensent d’arrêt temporel, ce qui accroit l’effet homophonique (comparablement à une rime léonine (rime à l’hémistiche que se pratiquait au Moyen Âge). L’effet rimique, au contraire, est nettement sensible jusqu’à l’hexasyllabe, au-delà c’est plus incertain. L’intérêt des homophonies en prose est de pouvoir se réaliser entre des syntagmes très courts, voire des mots consécutifs. Un autre intérêt est d’utiliser beaucoup plus la correspondance syntaxique et sémantique (effet pseudo-synonymique), par exemple faire correspondre des participes présents, ce qui crée une “justification” de l’effet synonymique. Je vous donne un exemple que j’ai pratiqué dans ma pièce théâtrale (en écriture euphonique; coupe sans pause représentées par une barre en exposant après un mot). Le résultat peut être naturellement critiquable:
“Toujours ce paysage uniforme. Toujours ce bosquet immobile' immuable. Des fûts, des houppiers' des rochers. L’on croirait qu’ici le temps se morfond, glué dans la touffeur des frondaisons, brisé par le rempart des monts. Les fûts, les houppiers' les rochers, rien ne se modifie' rien ne varie. Solitaire en ce lieu' je me lamente. Solitaire en ce lieu, je me tourmente. Nul dans l'univers n'entend ma voix, pas une âme ici ne comprend mon désarroi. Depuis des années, je suis pareillement ce layon, je franchis cette éclaircie... toujours délaissée' toujours attristée. Pour moi, rien ne différencie le présent du passé, le passé de l'avenir. Depuis des années, je me consume ainsi que rose entombée, que rossignol encagé. L’écoulement lancinant des journées' des nuitées, lentement transit mes sens qui n’ont jamais connu de souffrance.”