Les faux amis du vocabulaire français

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Perkele
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Message par Perkele »

Claude a écrit :
Perkele a écrit :[...] Je prononce les deux mots pareillement... :oops
Moi itou, et pourtant je n'habite pas la deuxième à droite après le feu. :oops:
Ce n'est donc pas propre à mon quartier...
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
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Manni-Gédéon
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Message par Manni-Gédéon »

Perkele a écrit : Je prononce les deux mots pareillement... :oops:
C'est à dire avec le son é ou è ?
L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.
Gandhi, La Jeune Inde
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Perkele
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Message par Perkele »

Manni-Gédéon a écrit :
Perkele a écrit : Je prononce les deux mots pareillement... :oops:
C'est à dire avec le son é ou è ?
É

Lequel doit donc se prononcer avec È ? pêcheur ? Sachant que je prononce sans vergogne "pêche" avec un È.

Ça me fait penser à "archevê(È)que" qui donne pour moi "archevê(É)ché".
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Manni-Gédéon
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Message par Manni-Gédéon »

J'ai appris à l'école que le ê se prononçait comme un è, en général prolongé.

Dans les verbes qui se conjuguent comme céder ou les mots d'une même famille dont le e change de couleur, l'orthographe change aussi :
Il cède, mais il cédait
Il pèche, mais il péchait
Sèche, mais sécheresse
Sphère, mais sphérique

Qu'il s'agisse de la pêche qui pousse sur le pêcher du verger ou du pêcheur qui va pêcher dans la rivière, on garde toujours le ê, comme dans bête et bêtise, tête, têtard et têtu. La prononciation ne devrait donc pas changer.

C'est probablement la logique suisse car mon bon vieux Robert de 1987 ne dit pas la même chose...
L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.
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Perkele
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Message par Perkele »

Alors pour moi la pêÈche pousse sur le pêÉcher et un pêÉcheur têÉtu pêÈche comme une bêÈte en pensant à des bêÉtises dans sa têÈte.

:oops:

Je n'y avais jamais pensé en dehors d'archevêché que ma prof de roumain n'arrivait pas à prononcer.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
gerhec
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Message par gerhec »

Perkele a écrit :Un magasin bien ACHALANDÉ reçoit de nombreux CHALANDS qui lui ont offert leur CHALANDISE et constituent son ACHALANDAGE
Ex. Organisez des promotions pour achalander votre boutique !
Ex. Très tôt, au premier matin des soldes, le trottoir s'achalandait.
Les rayons d'un magasin bien achalandé sont bien approvisionnés, mais ce n'est qu'une conséquence de sa nombreuse chalandise.
NB ; achalandé ≠ approvisionné
On entend actuellement et régulièrement cette publicité pour une grande surface :
(En gros)
"Les barquettes de salade seront achalandées dans nos magasins...."

Que pensez-vous de cette utilisation du mot?
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Claude
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Message par Claude »

Je crois que par l'usage, le sens d'achalandage dérive de plus en plus de la clientèle vers les produits proposés à la vente.
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André (G., R.)
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Message par André (G., R.) »

Le faux-sens est indéniable. L'étymologie de chaland, donc d'achalander, est passionnante (il semblerait que le latin calere, être chaud, soit à son origine [Robert DHLF]) et montre, comme on l'a vu ci-dessus, une évolution importante de l'acception, mais ce n'est pas une raison pour employer maintenant le verbe à la place de « vendre » ou pour substituer son participe passé à « disponible », « proposé », « en vente », « en rayon », si j'ai bien compris.
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Perkele
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Message par Perkele »

gerhec a écrit :
Perkele a écrit :Un magasin bien ACHALANDÉ reçoit de nombreux CHALANDS qui lui ont offert leur CHALANDISE et constituent son ACHALANDAGE
Ex. Organisez des promotions pour achalander votre boutique !
Ex. Très tôt, au premier matin des soldes, le trottoir s'achalandait.
Les rayons d'un magasin bien achalandé sont bien approvisionnés, mais ce n'est qu'une conséquence de sa nombreuse chalandise.
NB ; achalandé ≠ approvisionné
On entend actuellement et régulièrement cette publicité pour une grande surface :
(En gros)
"Les barquettes de salade seront achalandées dans nos magasins...."

Que pensez-vous de cette utilisation du mot?
J'y verrais un lapsus venant d'"acheminer"
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
André (G., R.)
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Message par André (G., R.) »

Maintenant que vous le dites, je me demande effectivement s'il n'y aurait pas derrière cela une confusion entre les deux « chaland », l'autre désignant un bateau.
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Islwyn
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Message par Islwyn »

Perkele a écrit :J'y verrais un lapsus venant d'"acheminer"
Ou peut-être échelonner ?
Quantum mutatus ab illo
gerhec
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les salades vont "achalander "les rayons....

Message par gerhec »

Islwyn a écrit :
Perkele a écrit :J'y verrais un lapsus venant d'"acheminer"
Ou peut-être échelonner ?
Est-ce que pour beaucoup d'acheteurs,
" bien achalandé " n'a pas pris le sens "de bien approvisionné" ?

Ici c'est une troisième utilisation du mot, en somme.
André (G., R.)
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Message par André (G., R.) »

Islwyn a écrit :
Perkele a écrit :J'y verrais un lapsus venant d'"acheminer"
Ou peut-être échelonner ?
Je ne vois guère cette possibilité.
Leclerc92
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Re: les salades vont "achalander "les rayons....

Message par Leclerc92 »

gerhec a écrit :Est-ce que pour beaucoup d'acheteurs,
" bien achalandé " n'a pas pris le sens "de bien approvisionné" ?
Si, l'Académie l'a d'ailleurs pris en compte :
2. Par ext. et par abus de langage. Bien approvisionné en marchandises, abondant en produits très divers.
On aurait pu concevoir :
"Nos magasins seront achalandés (approvisionnés) en barquettes de salade..."
Leclerc92
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Message par Leclerc92 »

Perkele a écrit :- sanctionner un acte, une personne était décider officiellement qu'il fallait l'approuver ou le réprouver et la sanction s'accompagnait de mesures gratifiantes ou punitives selon qu'elle était favorable ou défavorable.
Comme vous, je n'aurais pas eu scrupule à dire "sanctionner une personne". Un article du Figaro va me remettre sur le droit chemin :
«Je vous préviens, encore un retard et vous serez sanctionné d'une heure de colle», prévient le professeur. La menace est efficace, certes, mais elle comporte une erreur. En effet, on ne sanctionne pas l'auteur d'une faute mais la faute elle-même. Comme le rappelle l'Académie française, le verbe s'emploie d'abord en «droit constitutionnel et signifie ‘‘donner son approbation à une loi pour la rendre exécutoire''». Ainsi, il a fini par être le synonyme de «valider, entériner». Il signifie plus couramment «punir la faute». Ainsi, rappellent les sages, «l'on se gardera d'employer ce verbe avec le nom du coupable comme complément d'objet direct», auquel cas il faudrait avoir recours aux verbes «châtier, punir». On ne dit pas «il a sanctionné le joueur qui a commis un en-avant» mais «l'arbitre a sanctionné l'en-avant».
http://www.academie-francaise.fr/sanctionner
Je vais essayer d'en tenir compte.

Un peu plus loin dans l'article, fâcheuse coquille :
Comme l'explique Jean-Loup Chiflet dans Les nuances de la langue françaises (Figaro), ce qui est «déficient» est «ce qui est insuffisant sur le plan quantitatif.
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