L'écriture inclusive
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- Inscription : jeu. 28 sept. 2017, 0:51
Désolé si quelques erreurs m’ont échappé à ma relecture.
Il n’y a pas dans la langue une règle fondamentale qui interdirait de dire Mme la Maire, Mme la Mairesse, Mme la Directrice des enseignements supérieurs, ou Mme la Générale (ce serait plutôt l’inverse). Ce n’est en rien "trafiquer à des fins partisanes" que de les utiliser, et être contre leurs utilisations n’est pas de la défense de la langue.
Au passage, la condamnation des mots écrivaine et autrice n’est pas vraiment basée sur des questions de langue. Les femmes qui ont choisi de garder leur poste au masculin bien souvent par peur que le féminin les rende moins légitimes. Là aussi, on dépasse le simple domaine de la langue. Heureusement, de plus en plus de femmes demandent qu’on les désigne comme "Mme la…".
Ce qui me parait problématique serait plutôt sa réintroduction dans la langue.
La société française a (heureusement) évolué, ce qui entraine aussi des évolutions dans le langage.Jacques-André-Albert a écrit :Vous trouverez toujours devant vous des personnes comme moi, fervent défenseur de l'égalité des sexes, mais aussi défenseur de la langue, que vous voulez trafiquer à des fins partisanes.
Que cela vous plaise ou non, madame Anne Hidalgo est pour moi le maire de Paris, de même que Mrs Théresa May est le premier ministre britannique, et non la première des ministres. Et je resterai la sentinelle ou la vigie qui observe les gesticulations des extrémistes de tout poil.
Il n’y a pas dans la langue une règle fondamentale qui interdirait de dire Mme la Maire, Mme la Mairesse, Mme la Directrice des enseignements supérieurs, ou Mme la Générale (ce serait plutôt l’inverse). Ce n’est en rien "trafiquer à des fins partisanes" que de les utiliser, et être contre leurs utilisations n’est pas de la défense de la langue.
Au passage, la condamnation des mots écrivaine et autrice n’est pas vraiment basée sur des questions de langue. Les femmes qui ont choisi de garder leur poste au masculin bien souvent par peur que le féminin les rende moins légitimes. Là aussi, on dépasse le simple domaine de la langue. Heureusement, de plus en plus de femmes demandent qu’on les désigne comme "Mme la…".
Oui, mais "le" et "premier" ne sont pas épicènes !Jacques-André-Albert a écrit :]Non, il n'existe pas de neutre grammatical en français, mais il y a bien des mots épicènes qui, sans changer de forme, peuvent désigner des individus de sexe féminin ou masculin.
Je vois mal comment l’accord de proximité pourrait tomber dans le même écueil sexiste que "Le genre masculin étant le plus noble, il doit prédominer chaque fois que le féminin et le masculin se trouvent ensemble."André (G., R.) a écrit :Et je constate que la formulation « les hommes et les femmes sont belles » (accord de l’adjectif avec le nom le plus proche) tombe dans le même écueil sexiste que celui qu’elle veut dénoncer.
Ce qui me parait problématique serait plutôt sa réintroduction dans la langue.
Pas forcement ! "les Français" peut ne désigner que les hommes, et le contexte ne permet pas toujours de savoir s’il n’est question que des hommes ou des hommes et des femmes.Jacques-André-Albert a écrit :(…) de même que lorsqu'on parle des Français, on inclut l'ensemble de la population.
- Merle-moqueur
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- Inscription : ven. 01 sept. 2017, 13:14
- Localisation : Dans l'bec du Tarn.
Mais la majuscule ne joue-t-elle pas un rôle ?
Il me semble - peut-être à tord - que les Français désigne la population française, au même titre que l'Homme le genre humain.
L'Homme de Néandertal, la Femme de Néandertal, mais aussi les Enfants de Néandertal ;
"Françaises, Français,
Belges, Belges,
Bougnoules,Bougnoules,
Fascistes de droite, Fascistes de gauche,
Mon président, mon chien,
Monsieur l’avocat le plus bas d’Inter,
Mesdames et messieurs les jurés
Public chéri mon amour..."
(Sans préciser l'évidence, le parti-pris de la serre-de-bec!)
Il me semble - peut-être à tord - que les Français désigne la population française, au même titre que l'Homme le genre humain.
L'Homme de Néandertal, la Femme de Néandertal, mais aussi les Enfants de Néandertal ;
"Françaises, Français,
Belges, Belges,
Bougnoules,Bougnoules,
Fascistes de droite, Fascistes de gauche,
Mon président, mon chien,
Monsieur l’avocat le plus bas d’Inter,
Mesdames et messieurs les jurés
Public chéri mon amour..."
(Sans préciser l'évidence, le parti-pris de la serre-de-bec!)
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- Inscription : dim. 17 févr. 2013, 14:22
Il me semble, Merle-moqueur, que pour « les Français », s'il s'agit de personnes, on n'a pas le choix de la graphie.
Sa déroute fut entière,
Quoi que pût faire Artapax,
Psicarpax, Méridarpax,
Qui, tout couverts de poussière,
Soutinrent assez longtemps
Les efforts des combattants.
(mot mis en gras par moi)
Si l'on aime le subjonctif imparfait, il est difficile d'imaginer aujourd'hui autre chose que « Quoi que pussent faire Artapax,/ Psicarpax, Méridarpax... », où je viens de modifier l'accord en nombre, tandis que, dans « Les hommes et les femmes sont belles », on joue sur l'accord en genre.
Je peine à vous suivre. « Les hommes et les femmes sont belles », où le féminin l'emporte, est indéniablement sexiste, en défaveur des hommes, tandis que le masculin l'emporte dans « Les hommes et les femmes sont beaux ». Mais je ne vois pas en quoi l'option féministe serait grammaticalement plus « problématique » que la manière traditionnelle de faire, l'accord de proximité dont il est question là ne concernant pas un verbe, comme dans ce passage de LA FONTAINE (Le combat des rats et des belettes) proposé récemment par Yeva Agetuya :21st century boy a écrit :Je vois mal comment l’accord de proximité pourrait tomber dans le même écueil sexiste que "Le genre masculin étant le plus noble, il doit prédominer chaque fois que le féminin et le masculin se trouvent ensemble."André (G., R.) a écrit :Et je constate que la formulation « les hommes et les femmes sont belles » (accord de l’adjectif avec le nom le plus proche) tombe dans le même écueil sexiste que celui qu’elle veut dénoncer.
Ce qui me parait problématique serait plutôt sa réintroduction dans la langue.
Sa déroute fut entière,
Quoi que pût faire Artapax,
Psicarpax, Méridarpax,
Qui, tout couverts de poussière,
Soutinrent assez longtemps
Les efforts des combattants.
(mot mis en gras par moi)
Si l'on aime le subjonctif imparfait, il est difficile d'imaginer aujourd'hui autre chose que « Quoi que pussent faire Artapax,/ Psicarpax, Méridarpax... », où je viens de modifier l'accord en nombre, tandis que, dans « Les hommes et les femmes sont belles », on joue sur l'accord en genre.
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- Messages : 21
- Inscription : jeu. 28 sept. 2017, 0:51
Pour Homme, voici ce qu’en dit l’Académie :Merle-moqueur a écrit :Mais la majuscule ne joue-t-elle pas un rôle ?
Il me semble - peut-être à tord - que les Français désigne la population française, au même titre que l'Homme le genre humain.
http://www.academie-francaise.fr/questi ... -em-strong6. Majuscules en botanique et zoologie
Les noms correspondant aux différentes catégories hiérarchisées des classifications scientifiques traditionnelles (règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre) s’écrivent avec une majuscule initiale : les Vertébrés, les Mammifères ou les Angiospermes. Cette règle s’applique aussi à tous les niveaux intermédiaires (superclasse, sous-ordre, etc.) sauf aux espèces (dernier niveau). Homme ne prendra une majuscule que lorsqu’il désigne le genre Homo : les origines de l’Homme, les premiers vestiges de l'Homme (mais les droits de l’homme).
Comme pour les gentilés masculins, homme désigne d’abord un humain mâle, mais peut être utilisé dans un sens général (et le contexte ne permet pas toujours la désambigüisation).
Si j’ai bien suivi, c’est la règle (imposée) "Le genre masculin étant le plus noble, il doit prédominer chaque fois que le féminin et le masculin se trouvent ensemble" qui est critiquée (ce qui n’est pas illégitime).André (G., R.) a écrit :Je peine à vous suivre
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- Inscription : dim. 17 févr. 2013, 14:22
On peut parfaitement conserver la règle du masculin qui l'emporte – les autres manières de procéder étant, comme on l'a vu, souvent aussi sexistes – sans considérer que ce genre serait « le plus noble ». D'ailleurs cette « noblesse » dudit genre est en contradiction avec la valeur neutre qu'il a par ailleurs.
Je viens d'écrire sur un autre fil :
« Bonne anniv' »... est devenu classique sur la Toile.
Qui aurait l'idée d'écrire « devenue » dans une telle phrase ?
Je viens d'écrire sur un autre fil :
« Bonne anniv' »... est devenu classique sur la Toile.
Qui aurait l'idée d'écrire « devenue » dans une telle phrase ?
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- Messages : 21
- Inscription : jeu. 28 sept. 2017, 0:51
La valeur neutre du masculin est discutable, surtout quand on parle de personnes.
Ce qui est considéré comme sexiste, ce ne sont pas les accords au féminin ou au masculin, c’est la règle "Le genre masculin étant le plus noble, il doit prédominer chaque fois que le féminin et le masculin se trouvent ensemble".
En dehors de mes doutes sur la faisabilité, je trouve que la réintroduction de la règle de proximité pourrait donner plus de liberté et de jeu à la langue.
Cela dit, les Québécois recommandent le mix des 2 possibilités en écrivant par ex. : les femmes et les hommes sont beaux.
Ce qui est considéré comme sexiste, ce ne sont pas les accords au féminin ou au masculin, c’est la règle "Le genre masculin étant le plus noble, il doit prédominer chaque fois que le féminin et le masculin se trouvent ensemble".
En dehors de mes doutes sur la faisabilité, je trouve que la réintroduction de la règle de proximité pourrait donner plus de liberté et de jeu à la langue.
Cela dit, les Québécois recommandent le mix des 2 possibilités en écrivant par ex. : les femmes et les hommes sont beaux.
Peut-être celui ou celle qui a en tête : (La forme) « Bonne anniv’ » est devenue classique sur la toile.André (G., R.) a écrit : « Bonne anniv' »... est devenu classique sur la Toile.
Qui aurait l'idée d'écrire « devenue » dans une telle phrase ?
- Claude
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- Inscription : sam. 24 sept. 2005, 8:38
- Localisation : Décédé le 24 août 2022. Humour et diplomatie. Il était notre archiviste en chef.
Voici ce qu'en pense l'Académie (extrait de l'Est républicain de ce jour) :
https://web.archive.org/web/20180309151 ... lusive.jpg
https://web.archive.org/web/20180309151 ... lusive.jpg
Avatar : petit Gaulois agité (dixit Perkele)
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- Inscription : dim. 17 févr. 2013, 14:22
Merci, Claude. De plus en plus, à lire les prises de position, je trouve important de ne pas confondre les féminisations en général et le cas particulier qu'en sont les formulations écrites du genre « mes ami.e.s » ou « les candidat.e.s »*, que je considère comme illisibles. Si l'on tient à un nom féminin, « les candidates et les candidats » me paraît susceptible de remplacer avantageusement « les candidat.e.s ». En ce qui concerne « mes ami.e.s », c'est évidemment plus difficile, « amies » et « amies » étant identiques en langage parlé, mais on s'en sort, d'un point de vue féministe, avec « mes amies femmes et mes amis hommes », « mes amis garçons et mes amies filles »... ou « mes copines et mes copains » !
* Vous avez écrit ci-dessus, 21st century boy, « celui ou celle qui a en tête... » : faudrait-il, dans la logique de « mes ami.e.s », noter cela « cel.ui.le qui a en tête... » ? Justement, on marche... sur la tête !
* Vous avez écrit ci-dessus, 21st century boy, « celui ou celle qui a en tête... » : faudrait-il, dans la logique de « mes ami.e.s », noter cela « cel.ui.le qui a en tête... » ? Justement, on marche... sur la tête !
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- Messages : 21
- Inscription : jeu. 28 sept. 2017, 0:51
Venant de l’académie c’était plutôt attendu comme réaction, toujours 2 ou 3 trains de retard (d’ailleurs l’article ne va pas vraiment dans le sens de l’académie).Claude a écrit :Voici ce qu'en pense l'Académie (extrait de l'Est républicain de ce jour) :
Ce style de rédaction n’est pas vraiment nouvelle pourtant. Ça fait un bon nombre d’années que les « Cher(e)s ami(e)s », « Cher(e)s abonné(e)s » ou « instituteurs/trices » existent.André (G., R.) a écrit :De plus en plus, à lire les prises de position, je trouve important de ne pas confondre les féminisations en général et le cas particulier qu'en sont les formulations écrites du genre « mes ami.e.s » ou « les candidat.e.s »*, que je considère comme illisibles.
Le « les candidats et (les) candidates » fait partie de l’écriture inclusive.André (G., R.) a écrit :Si l'on tient à un nom féminin, « les candidates et les candidats » me paraît susceptible de remplacer avantageusement « les candidat.e.s ».
Les pratiques pour un langage non sexiste, inclusif ou épicène portent sur trois aspects :
•accorder les noms de métiers et de fonctions au sexe de la personne qui l'occupe ;
•utiliser des expressions non sexuées, comme « les droits humains » ;
•utiliser les deux formes grammaticales. Pour cela, il existe deux possibilités :
-faire figurer les deux formes comme « elles et ils partent en vacances », « he or she » ;
-utiliser à l'écrit une forme liée par un point, un tiret, une barre oblique, une majuscule etc. comme « ami•e » « participant•e ».
- Jacques-André-Albert
- Messages : 4645
- Inscription : dim. 01 févr. 2009, 8:57
- Localisation : Niort
Eh bien vous aurez toujours devant vous quelqu'un qui luttera contre ces absurdités.
Vous citez ces lignes
Ce n'est pas parce que ça existe depuis des années que ce n'est pas absurde. Je ne vois pas ce qu'il y a de sexiste à écrire « chers abonnés » en s'adressant à des femmes et à des hommes. Je continuerai à dénoncer ce jusqu'au-boutisme idéologique de gauche.21st century boy a écrit :Ça fait un bon nombre d’années que les « Cher(e)s ami(e)s », « Cher(e)s abonné(e)s » ou « instituteurs/trices » existent.
Vous citez ces lignes
Nous y voilà : l'influence de l'anglo-américain. « Les droits humains » est calqué sur « human rights », et la référence à « he or she » enfonce le clou. Ça rejoint le hideux et inutile « et/ou » copié, justement, sur l'anglo-américain « and/or ».•utiliser des expressions non sexuées, comme « les droits humains » ;
•utiliser les deux formes grammaticales. Pour cela, il existe deux possibilités :
-faire figurer les deux formes comme « elles et ils partent en vacances », « he or she » ;
Quand bien nous pourrions estre sçavans du sçavoir d'autruy, au moins sages ne pouvons nous estre que de nostre propre sagesse.
(Montaigne - Essais, I, 24)
(Montaigne - Essais, I, 24)
et je rajouterai que ce n'est pas non plus parce que cela émane de nos dirigeants que cela a valeur d'exemple.Jacques-André-Albert, dont je partage l'avis, a écrit :[...]Ce n'est pas parce que ça existe depuis des années que ce n'est pas absurde[...]
Pour preuve, ces extraits d'un florilège réalisé à partir d'arrêtés parus au Journal officiel de la République française voilà une dizaine d'années :
- Par arrêté de la ministre de l'emploi et de la solidarité et du ministre de la fonction publique et de la réforme de l'État [...] est autorisée [...] l'ouverture de deux concours pour le recrutement d'inspecteurs des affaires sanitaires et sociales (femmes et hommes)
- Arrêté portant nomination d'un agent comptable (services déconcentrés du Trésor)
Par arrêté [...] Mme XYZ , receveuse-perceptrice du Trésor public, est nommée agente comptable du groupement d'intérêt public - Arrêté [...] portant délégation de signature [...]
Titulaire de la délégation : Mme l'officière principale du corps technique et administratif [...]
"et pourquoi, Messieurs, ces femmes ne pourraient-elles pas se montrer officières ?"
Sur les questions dont nous débattons, peut-être aurait-il fallu que l'exemple vînt d'en-haut...
Le soulignage est de mon fait.
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- Messages : 7437
- Inscription : dim. 17 févr. 2013, 14:22
Prise de position récente d'une académicienne sur ce sujet. Elle dit en particulier :
Les enfants ont déjà beaucoup de mal à apprendre à parler le français, à l’écrire, alors si on leur complique les choses avec des points au milieu des mots… C’est un peu comme si on leur faisait réciter une leçon de grammaire : "Quel est le féminin de tel mot ? Ajoutez-le. Quand vous trouvez un mot masculin, ajoutez le féminin" etc. Ça devient obsessionnel, on ne pense plus qu’à ça. Et finalement l’essentiel du message finit par vous échapper. Donc je crois sincèrement que c’est ça, le plus important : de dire que les progrès de la condition féminine ne passent pas par le massacre de la langue française.
et :
Effectivement, l’Académie française s’est exprimée sur cette féminisation des mots, en particulier des métiers, des titres, en 2002, donc il y a bien longtemps. Doit-on dire “écrivaine”, “auteure”... ? Elle avait condamné ces usages. À titre tout à fait personnel, je souhaite que l’Académie rouvre un débat. Et il me semble que certains académiciens y sont favorables. Parce qu’en 2002, cette féminisation était quand même assez neuve. La question d’introduire des féminins qui n’étaient pas dans l’usage arrivait peut-être trop tôt. Mais il y a quand même certains féminins qui sont maintenant couramment utilisés. Donc il faudrait se reposer la question.
On s'en doute, j'approuve madame BONA sur ces deux points.
Mais tout l'entretien mérite d'être lu.
Les enfants ont déjà beaucoup de mal à apprendre à parler le français, à l’écrire, alors si on leur complique les choses avec des points au milieu des mots… C’est un peu comme si on leur faisait réciter une leçon de grammaire : "Quel est le féminin de tel mot ? Ajoutez-le. Quand vous trouvez un mot masculin, ajoutez le féminin" etc. Ça devient obsessionnel, on ne pense plus qu’à ça. Et finalement l’essentiel du message finit par vous échapper. Donc je crois sincèrement que c’est ça, le plus important : de dire que les progrès de la condition féminine ne passent pas par le massacre de la langue française.
et :
Effectivement, l’Académie française s’est exprimée sur cette féminisation des mots, en particulier des métiers, des titres, en 2002, donc il y a bien longtemps. Doit-on dire “écrivaine”, “auteure”... ? Elle avait condamné ces usages. À titre tout à fait personnel, je souhaite que l’Académie rouvre un débat. Et il me semble que certains académiciens y sont favorables. Parce qu’en 2002, cette féminisation était quand même assez neuve. La question d’introduire des féminins qui n’étaient pas dans l’usage arrivait peut-être trop tôt. Mais il y a quand même certains féminins qui sont maintenant couramment utilisés. Donc il faudrait se reposer la question.
On s'en doute, j'approuve madame BONA sur ces deux points.
Mais tout l'entretien mérite d'être lu.
- Manni-Gédéon
- Messages : 1217
- Inscription : lun. 12 avr. 2010, 14:35
- Localisation : Genève (CH)
J'ai été choquée par le passage que j'ai mis en gras en lisant ceci sur le site de l'Académie française :
Ce refus de l'Académie française d'admettre le féminin autrice favorise la forme concurrente auteure, ce qui n'est pas bon pour la langue française.
L'Académie française n'a aucun argument valable pour refuser le féminin autrice et je trouve qu'elle manque d'honnêteté intellectuelle en le mettant dans le même sac que le féminin cheffe, qui est vraiment une aberration lexicale.
Avec cette attitude, elle nuit à sa propre crédibilité.
Premièrement, le féminin autrice n'est pas un néologisme, puisqu'il existait déjà il y a plusieurs siècles, et deuxièmement, il est de formation régulière, donc il n'a rien d'une aberration lexicale.l'Académie française a écrit :Il convient tout d’abord de rappeler que les seuls féminins français en -eure (prieure, supérieure...) sont ceux qui proviennent de comparatifs latins en -or. Aussi faut-il éviter absolument des néologismes tels que professeure, ingénieure, auteure, docteure, proviseure, procureure, rapporteure, réviseure, etc. Certaines formes, parfois rencontrées, sont d’autant plus absurdes que les féminins réguliers correspondants sont parfaitement attestés. Ainsi chercheure à la place de chercheuse, instituteure à la place d’institutrice. On se gardera de même d’user de néologismes comme agente, cheffe, maîtresse de conférences, écrivaine, autrice... L’oreille autant que l’intelligence grammaticale devraient prévenir contre de telles aberrations lexicales.
Ce refus de l'Académie française d'admettre le féminin autrice favorise la forme concurrente auteure, ce qui n'est pas bon pour la langue française.
L'Académie française n'a aucun argument valable pour refuser le féminin autrice et je trouve qu'elle manque d'honnêteté intellectuelle en le mettant dans le même sac que le féminin cheffe, qui est vraiment une aberration lexicale.
Avec cette attitude, elle nuit à sa propre crédibilité.
L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.
Gandhi, La Jeune Inde
Gandhi, La Jeune Inde