Bonsoir.
Je suis tombé sur cette phrase :
Aussi, en application de l'arrêté du préfet (...), la ville opta-t-elle pour des plaques en porcelaine émaillée,
"Opta-t-elle", "dit-il", "pensa-t-il".... Pourquoi cette inversion ? Ne la trouvons-nous pas euphonique simplement par habitude ?
J'ai trouvé ceci qui ne dit rien sur l'étymologie :
https://sites.google.com/eoimalaga.com/ ... ffirmative
L'inversion affirmative
- Uranie
- Messages : 3420
- Inscription : lun. 29 avr. 2024, 12:35
- Localisation : Au XVIIIe siècle
- Contact :
Re: L'inversion affirmative
Eh bien, voilà ce qu'on lit effectivement :
Je ne me souviens pas d'avoir appris cette règle !Affirmation et ordre des mots
1. L’ordre des mots est progressif en français
Ex. : sujet + vb + compléments (ou attributs).
2. Toute autre construction implique une inversion du sujet. C’est le cas notamment :
a) quand certains mots sont placés en tête de phrase : peut-être, sans doute, à peine, et encore, tout au plus, à plus forte raison, du moins, aussi, ainsi, etc.
"Les exceptions à la règle sont la féerie de l'existence." (Marcel Proust)
"Connaître sert beaucoup pour inventer." (Mme de Staël)
"Connaître sert beaucoup pour inventer." (Mme de Staël)
Re: L'inversion affirmative
Si je puis me permettre, ce n'est pas une réelle inversion du sujet. On a bien l'ordre SUJET + VERBE dans "la ville opta".Yeva Agetuya a écrit : ↑jeu. 10 sept. 2026, 22:10 Aussi, en application de l'arrêté du préfet (...), la ville opta-t-elle pour des plaques en porcelaine émaillée,
"Opta-t-elle", "dit-il", "pensa-t-il".... Pourquoi cette inversion ? Ne la trouvons-nous pas euphonique simplement par habitude ?
La tournure en revanche utilise un pronom de rappel/reprise "elle", et lui, c'est vrai, se place après le verbe dans "opta-t-elle". Cette tournure, qu'on peut rapprocher de l'inversion complexe interrogative, est tout à fait facultative ici. On aurait pu se passer du pronom de reprise "elle" et avoir simplement
Aussi, en application de l'arrêté du préfet (...), la ville opta pour des plaques en porcelaine émaillée.
Mais comme "aussi", placé en tête de phrase, entraîne souvent une inversion de sujet quand le sujet est un pronom, beaucoup de locuteurs ont en tête qu'il faut faire une inversion quelque part. Comme cette inversion est impossible quand le sujet n'est pas un pronom, on utilise alors la tournure évoquée plus haut avec le pronom de reprise en position inversée.
Je m'aperçois que j'avais traité cette question dans l'ancien forum "Etudes littéraires" en 2013. Ma foi, ce n'était pas si mal que ça !
https://www.etudes-litteraires.com/foru ... pres-aussi
J'écrivais :
Voir aussi le chapitre "Inversion dans la phrase assertive" dans "Constructions méconnues du français" :[...]Verbum n'a traité que de l'inversion simple. Mais il arrive dans la langue écrite, notamment après ainsi, qu'on conserve le sujet en première place et on fasse l'inversion sur un pronom de rappel.
Voir le détail chez Grevisse [...]
Un des exemples donnés par Grevisse est :
Ainsi se précise la différence avec l'imparfait.
On pourrait écrire :
Ainsi la différence avec l'imparfait se précise-t-elle.
C'est tout à fait possible. Cela dit, les inversions, c'est comme les gâteaux au miel, il ne faut pas en abuser, ça alourdit un peu la phrase.alagetget a écrit :
Si je dis par ailleurs "Ainsi la suite converge-t-elle et sa limite vaut-elle 0", est-ce bon, ou l'inversion n'est possible qu'une fois ?
On peut cependant sentir une très légère nuance entre :
"Ainsi la suite converge-t-elle et sa limite vaut-elle 0"
et
"Ainsi la suite converge-t-elle et sa limite vaut 0".
La deuxième phrase donne deux étapes successives de la pensée : on découvre dans un premier temps que la suite converge et dans un deuxième temps, on découvre que sa limite est zéro. La première phrase présente ces deux résultats comme une seule étape de la pensée.
Dans un écrit purement mathématique, il me semble préférable d'éviter l'inversion et d'écrire plus simplement :
"Ainsi, la suite converge et sa limite vaut 0".
Voir aussi Grevisse, Le Bon Usage, 16e édition, page 524, § 384On trouve principalement ce type d’inversion dans deux contextes différents, avec des possibilités d’inversion variées :
• avec certains adverbes de modalité en début de phrase
L’inversion nominale n’est pas possible dans ces cas :
a. Peut-être était-il confus.
b. * Peut-être était confus Jules.
c. Peut-être Jules était-il confus.
