Les faux amis de la syntaxe française

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Perkele
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Message par Perkele »

claude a écrit :
Perkele a écrit :Et certains mots latins, dès l'antiquité, ont été claqués sur le grec.
Quelle violence !
calqués :oops: :D
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
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Claude
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Message par Claude »

Avec misonéisme et néophobie que vous citez dans les mots oubliés, ne sommes-nous pas dans ce cas d'inversion ?
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Perkele
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Message par Perkele »

L'un et l'autre sont formés à partir du grec. :roll:
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Perkele
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Message par Perkele »

Perkele a écrit :
Perkele a écrit :Le sujet du participe présent ou de l'infinitif est le même que celui de l'autre verbe de la phrase.

"Revenant d'un long voyage, vous me trouverez changé." = vous reviendrez d'un long voyage et me trouverez changé.

"Revenant d'un long voyage, je vous paraîtrai changé." = je reviendrai d'un long voyage et vous me trouverez changé.

NB : On ne peut donc pas écrire : "Espérant une réponse favorable, veuillez agréer..."
Je ne vous ai pas donné d'exemples avec l'infinitif, en voici :

- Je l’ai payé avant de partir.

- Les barrages sont trop hauts pour remonter les rivières.

- À onze heures, la cuisinière épluche les pommes-de-terre pour bouillir.

- Le docteur m’a guéri sans prendre de médicaments.
Le temps est vorace selon un agriculteur :
- J'espère que le temps va se maintenir au beau et manger tout ce qui va venir.
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
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Jacques
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Message par Jacques »

Comment interpréter la phrase ?
Que le temps dévorera tout ce qui pourrait être annonciateur de mauvais état météorologique ?
Il y a des gens qui tournent leurs phrases avec de telles métaphores qu'on ne les comprend pas. C'est quasiment ésotérique.
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Perkele
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Message par Perkele »

Ce cultivateur de tomates qui se plaignait de ne pas avoir pu consommer le moindre fruit de sa production se réjouissait de l'arrivée du beau temps et espérait pouvoir enfin manger tout ce qui mûrirait.

La construction laisse une ambiguité à cause de l'emploi de l'infinitif.

Il dit : "le temps va se maintenir et le temps va manger" alors qu'il voulait dire : "j'espère que le temps va se maintenir et j'espère manger"
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Jacques
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Message par Jacques »

VU ! Je ne l'avais pas envisagé sous cet angle. À propos de bizarreries de langage, je ne vais pas ouvrir un sujet pour cela, mais en explorant Internet, j'ai vu un jeu de cartes américain dont la description était manifestement traduite par ordinateur ; elle se terminait en ces termes : gère aussi les cravates.
C'est là que nous pouvons estimer la supériorité du cerveau humain, car en traduisant à l'envers on trouve le mot anglais tie. C'est bien sûr une cravate, mais c'est aussi une égalité de points. Le terme complet dans les jeux est tie game, mais il est souvent abrégé, et on ne garde que le premier mot. Si l'expression avait été complète le locigiel aurait probablement traduit ex æquo ou matches nuls.
C'est là que l'intelligence humaine est capable de distinguer. Et aucun logiciel ne pourra le faire.
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Claude
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Message par Claude »

Autour de moi je n'entends que cela : « je vais me reposer dans le canapé (ou le fauteuil) » au lieu de sur, bien sûr. :wink:
codrila

Message par codrila »

Autour de moi je n'entends que cela : « je vais me reposer dans le canapé (ou le fauteuil) » au lieu de sur, bien sûr. Wink
Vous avez bien de la chance! :D Si les gens se mettent à parler dans un français littéraire, où va-t-on?
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Jacques
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Message par Jacques »

codrila a écrit :
Autour de moi je n'entends que cela : « je vais me reposer dans le canapé (ou le fauteuil) » au lieu de sur, bien sûr. Wink
Vous avez bien de la chance! :D Si les gens se mettent à parler dans un français littéraire, où va-t-on?
Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par là ? Voulez-vous dire que l'on doit faire la distinction entre la langue écrite et la langue parlée ?
Dans le cas du canapé, il y aurait une réflexion à mener : on dit habituellement s'asseoir sur et dormir dans, mais dans me semble peut-être envisageable, parce qu'on dit bien dans un fauteuil et qu'un canapé est une sorte de grand fauteuil. En fait ce qui surprend avec cette tournure, c'est qu'elle ne correspond pas à l'usage.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).
codrila

Message par codrila »

Etre assis, affalé, tassédans un canapé se retrouve dans la langue écrite chez plusieurs écrivains ( Google livres " dans un canapé").

D'où ma remarque amusée.
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Perkele
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Message par Perkele »

Toutes les métaphores sont permises. :D
Il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
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Jacques
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Message par Jacques »

Une fois de plus, le grec vient à notre secours.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).
codrila

Message par codrila »

Les deux prépositons sur et dans permettent ici , à mon avis, d'exprimer des nuances différentes , liées parfois aux conventions sociales:

- Ayant reçu une invitation conventionnelle à dîner, je vais arriver, correctement vêtue, un bouquet de fleurs à la main, et dans le salon m'asseoir sur le canapé, les fesses sérrées, le dos droit, genoux joints, dans une attitude figée et polie.

le canapé est ,alors pour moi une surface plane sur laquelle je pose mon postérieur et rien d'autre.

- Dans l'intimité, en famille, je peux me rouler en boule, m'enfoncer, me blottir, m'avachir, me reposer ou m'endormir dans le canapé.

Le canapé est devenu pour moi un espace creux, enveloppant ,à l'intérieur duquel lequel je peux m'imaginer.[/b]
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Jacques
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Message par Jacques »

J'aime bien cette explication, et en lisant le début je suis arrivé naturellement à la seconde proposition : l'attitude détendue.
Si haut qu'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul (MONTAIGNE).
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