Amphibologies

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André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » ven. 16 mars 2018, 8:35

Je ne crois pas que « rentrer sa plaque d'immatriculation dans la borne » contienne une amphibologie. Je vois dans « plaque d'immatriculation », mis pour « numéro minéralogique de la plaque (d'immatriculation) » une métonymie comparable à celle de « son vélo » dans l'expression « son vélo est dégonflé », « son vélo » valant alors « une chambre à air de son vélo » ou « un boyau de son vélo ». Cela dit, toutes les métonymies ne sont pas heureuses ou utiles !
Les nouveaux horodateurs demandent que l'on tape son numéro minéralogique, numéro ainsi qualifié en France parce qu'il était attribué jadis par le service des Mines. Il m'est arrivé une ou deux fois, me trouvant devant l'appareil, de devoir regagner ma voiture pour mémoriser ledit numéro et refaire le chemin inverse !

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Jacques-André-Albert
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Message par Jacques-André-Albert » ven. 16 mars 2018, 8:41

Vous avez raison, il s'agit d'une métonymie. Celle-ci est maladroite et inutile, puisque le mot immatriculation seul est plus adapté et plus court.
Quand bien nous pourrions estre sçavans du sçavoir d'autruy, au moins sages ne pouvons nous estre que de nostre propre sagesse.
(Montaigne - Essais, I, 24)

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Claude
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Message par Claude » ven. 16 mars 2018, 8:52

Puisqu'il en est ainsi je vais boire un verre.
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André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » ven. 16 mars 2018, 9:35

:lol:
Un vin jaune si tôt dans la journée ?
Jacques-André-Albert a écrit :le mot immatriculation seul est plus adapté et plus court.
À vrai dire, « immatriculation », dans « taper (ou : entrer) son immatriculation », me semble être lui-même métonymique : il désigne d'abord l'action d'inscrire un numéro (sur la matricule). Et le masculin « matricule » me paraît pareillement métonymique, raccourci qu'il est de l'expression « numéro inscrit sur la matricule » ! On n'en sort pas !

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Claude
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Message par Claude » ven. 16 mars 2018, 10:02

André (G., R.) a écrit ::lol:
Un vin jaune si tôt dans la journée ? [...]
Comme disait Jacques : « un bon petit coup de pétillant » ; il parlait d'eau gazeuse. :lol:
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Leclerc92
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Message par Leclerc92 » ven. 16 mars 2018, 10:16

Jacques-André-Albert a écrit :Vous avez raison, il s'agit d'une métonymie. Celle-ci est maladroite et inutile, puisque le mot immatriculation seul est plus adapté et plus court.
Vous avez raison dans le principe. Je dois dire quand même que les nouveaux horodateurs peuvent être très perturbants pour qui n'a pas "bac + 5" et il est possible que "plaque d'immatriculation" parle mieux que simplement "immatriculation". Avec ce seul nom, on pourrait éventuellement penser qu'il faut avoir une immatriculation spéciale près de la Mairie pour pouvoir bénéficier de l'horodateur, alors que "plaque d'immatriculation" sera moins ambigu. Cela dit, il m'est arrivé la même mésaventure qu'à André car je ne connais pas mon numéro par cœur et renâclais à déployer ma vénérable carte de grise de la pochette où elle est pieusement conservée !

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » ven. 16 mars 2018, 10:36

Leclerc92 a écrit : il est possible que "plaque d'immatriculation" parle mieux que simplement "immatriculation". Avec ce seul nom, on pourrait éventuellement penser qu'il faut avoir une immatriculation spéciale près de la Mairie pour pouvoir bénéficier de l'horodateur, alors que "plaque d'immatriculation" sera moins ambigu.
« Numéro minéralogique » que j'ai employé tout à l'heure, a l'inconvénient de ne pas tenir compte des lettres que comporte l'inscription : un numéro n'est normalement composé que de chiffres. La métonymie d'« immatriculation », dont j'ai également parlé, étant acceptée depuis assez longtemps, je me demande, sans vouloir vous contredire, si « taper (ou : entrer) son immatriculation » ne serait pas préférable : je ne vois pas en quoi cela supposerait « une immatriculation spéciale près de la Mairie ».

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Yeva Agetuya
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Message par Yeva Agetuya » ven. 16 mars 2018, 10:55

"Numéro de plaque" serait meilleur car plus courant :

j'ai relevé la plaque

Et on peut rouler "avec une fausse plaque" plutôt qu' "avec une fausse immatriculation".

On dit de même un "numéro de sécu" qui est aussi une immatriculation.

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » ven. 16 mars 2018, 11:28

Yeva Agetuya a écrit :"Numéro de plaque" serait meilleur car plus courant :

j'ai relevé la plaque
Je me réjouis de vous lire, Yeva Agetuya.
Je ne sais pas si « numéro de plaque » serait meilleur, mais je ne lui vois que des avantages.
Dans « relever la plaque », on retrouve bien sûr une métonymie, celle de « plaque », et ce sens très courant de « relever » est, je crois, quasiment figuré. .

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Message par Yeva Agetuya » mer. 04 avr. 2018, 18:05

Qui sert cet homme ?

Notons que Qui sert-il ? et Qui le sert ? sont dépourvus d'ambiguïté.

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » mer. 04 avr. 2018, 20:39

Je comprends « Qui sert cet homme ? » comme synonyme de « Par qui cet homme est-il servi ? ». Le synonyme de « Qui est servi par cet homme ? » devrait être pour moi « Qui cet homme sert-il ? ».

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Message par Yeva Agetuya » mer. 04 avr. 2018, 21:12

Et si la réponse est donnée ?

- Qui sert cet homme ?
- Cet homme sert le roi.

Evidemment "qui cet homme sert-il ?" est moins ambigu mais la première forme est correcte.

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Message par André (G., R.) » jeu. 05 avr. 2018, 6:34

Nous l'avons déjà vu sur FNBL : la structure de l'interrogative indirecte se retrouve parfois dans l'interrogative directe, ce qui conduit à des ambiguïtés.
Il me semble qu'en principe on devrait avoir les correspondances suivantes :
« Qui imite le professeur ? » (« Qui est-ce qui imite le professeur ? ») demande Paul. > Paul demande qui imite le professeur. (Paul demande qui c'est qui imite le professeur.*)
« Qui le professeur imite-t-il ? » (« Qui est-ce que le professeur imite ? ») demande Agathe. > Agathe demande qui le professeur imite. (Agathe demande qui c'est que le professeur imite.*)

* Cette formulation très populaire me paraît grammaticalement irréprochable.

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Message par Yeva Agetuya » jeu. 05 avr. 2018, 11:53

Nous avons des interrogatifs sur les compléments circonstanciels :

Où vas-tu ? Quand viens-tu ?

Le problème est qu'au lieu d'avoir une interrogation sur le sujet et une autre sur le complément d'objet, nous en avons une sur la personne sujet ou objet :

Qui a fait ça ? Qui vois-tu ?

Et une autre sur la chose sujet ou objet :

Qu'est-ce qui fait ça ? Que vois-tu ?

PS : "Qu'est-ce qui" me semble irréductible pour parler d'une chose.

André (G., R.)
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Message par André (G., R.) » jeu. 05 avr. 2018, 12:42

Yeva Agetuya a écrit :Nous avons des interrogatifs sur les compléments circonstanciels :
Où vas-tu ? Quand viens-tu ?
Le problème est qu'au lieu d'avoir une interrogation sur le sujet et une autre sur le complément d'objet, nous en avons une sur la personne sujet ou objet :
Qui a fait ça ? Qui vois-tu ?
Et une autre sur la chose sujet ou objet :
Qu'est-ce qui fait ça ? Que vois-tu ?
PS : "Qu'est-ce qui" me semble irréductible pour parler d'une chose.
Je crois que le mot interrogatif tend à être placé en tête de question, mais parfois des prépositions l'amènent :
• « Avec qui pars-tu ? »
• « Pour quel jour est-ce prévu ? »

Le pronom interrogatif « qui » me paraît pouvoir remplir à peu près toutes les fonctions du nom. Au style direct, il est suivi du verbe quand il est sujet, du sujet quand il est C.O.D. :
• Qui (sujet) dort ?
• Qui (sujet) a mangé le gâteau (C.O.D.) ?
• Qui (C.O.D.) ta mère (sujet) a-t-elle vu ?

Il me semble que « qu'est-ce qui » ne s'emploie que comme sujet de style direct et qu'il est alors effectivement irréductible. Il est toutefois réduit en « ce qui » au style indirect :
« Qu'est-ce qui te prend ? » demande Agathe à Julie > Agathe demande à Julie ce qui lui prend.

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